Pourquoi tant de haine ?

4 mars 2018 Par

Pourquoi tant de haine ?

Pourquoi les manipulateurs pervers narcissiques peuvent-ils exprimer subitement autant de haine envers leurs victimes ?

.

Témoignages:
Martine confie: « Un mois avant ça allait (bien sûr sans compter l’austérité et les culpabilisations qui duraient depuis 8 ans). Pourtant, la semaine qui suivi ma fracture à ma cheville tout a commencé à se dégrader. J’ai eu l’impression qu’elle était dépassée par la situation et elle est devenue comme hystérique! C’était le diable en personne !
Jusqu’à ce jour, et depuis 8 ans, c’était moi qui assumais toutes les tâches du quotidien. Et là, du jour au lendemain, elle a été contrainte de faire face à toutes ces responsabilités, même celle de sortir les chiens. Cette situation a fait dégringoler la stabilité maintenue artificiellement, celle de notre couple, en un rien de temps ! J’ai eu l’impression qu’elle m’en voulait d’avoir eu cet accident. »

.

Pendant des mois, des années parfois, le manipulateur pervers retient sa proie. Il la dirige habilement et la contrôle avec tous les outils qu’il possède naturellement: notamment son grand pouvoir de culpabilisation si facile à renforcer chez la victime, celui qui consiste à la déstabiliser par des flatteries qu’il alterne avec des dévalorisations plus ou moins sournoises… en bref, il drive son attelage avec maestria.
Le pervers narcissique vit dans « son monde », avec ses certitudes rassurantes et auto valorisantes. Il limite et cloisonne les contacts et les informations. Il se croit tout puissant et autorisé de ce fait à dépasser les limites imposées par la société qui l’entoure. Il se prend pour Dieu. Ce comportement lui est parfaitement naturel et même vital.

 

Le prédateur met en place toutes les stratégies protectrices utiles face aux situations pouvant générer une frustration ou une angoisse trop grande. Son propre équilibre en dépend.

.

Ce n’est que lorsque cet équilibre si chèrement maintenu est mis en danger, que la tension du pervers narcissique monte. S’il ne parvient pas à l’apaiser en provoquant chez sa proie un retour d’affection par exemple, love bombing , mais que ses tentatives restent vaines, et qu’au contraire, l’angoisse et l’instabilité augmente, il risque alors de plonger dans des comportements extrêmes qui ont pour unique but de restaurer son pouvoir, son contrôle sur ses tourments intérieurs et sur le monde qui l’entoure et qui est perçu comme hostile.

.

L’objectif du pervers narcissique n’est donc pas de « détruire » la proie, comme elles le pensent souvent, mais il est essentiellement de restaurer son propre équilibre intérieur. La destruction de la proie n’est qu’un des effets secondaires, appréciable pour certains, peut-être, mais elle ne reste que la conséquence de son réajustement de pouvoir.

.
Si malgré tous les efforts que le manipulateur pervers met en œuvre pour reprendre le contrôle de la situation, elle continue de lui échapper, ou même si simplement il croit qu’elle lui échappe, il peut alors basculer dans un état de « rage narcissique » . Dans ce cas, il risque de perdre le contrôle de ses propres pulsions agressives. C’est là qu’on peut voir des modifications brutales et impressionnantes dans le comportement, le regard, la voix, les gestes …. La proie ayant commis un crime de lèse-majesté , le passage à l’acte devient alors possible.

.

.Le pervers narcissique n'est pas toujours animé par la haine. Geneviève SCHMIT

 

Bipolarité

C’est ici qu’intervient trop souvent une confusion entre la bipolarité , qui est une maladie psychiatrique reconnue et les écarts d’humeurs, parfois brutaux, du pervers narcissique qui se trouve confronté à un stress intérieur qu’il a du mal à contenir.

.

Définition:
« La bipolarité se situe sur 2 versants ; 1) un versant maniaque, 2) un versant dépressif.
L’épisode maniaque se caractérise par:
• une augmentation de l’estime de soi,
• une réduction du besoin de sommeil,
• une plus grande communicabilité que d’habitude,
• une fuite des idées ou des sensations que les pensées défilent,
• une distractibilité,
• une augmentation de l’activité vers un but (social, professionnel, scolaire, sexuel) ou agitation psychomotrice,
• une implication excessive dans des activités agréables mais à potentiel dommageable (achat inconsidéré, conduites sexuelles impudiques ou investissement commercial déraisonnable …)
Le versant mélancolique de situe par:
• une perte d’intérêt ou de plaisir ou presque toutes les activités,
• un manque de réactivité aux stimulations agréables,
• une dépression marquée,
• un réveil le matin précoce,
• une agitation ou un ralentissement psychomoteur.
Un trouble bipolaire peut être dit « mixte » lorsque les troubles maniaques et dépressifs apparaissent en alternances. Ces deux états peuvent alternés sur quelques jours ou quelques semaines.
L’on dit qu’il y a un « trouble bipolaire maniaque » quand ce trouble est prévalant sur le versant dépressif.
L’on dit qu’une personne a un « trouble bipolaire dépressif » quand ce dernier prévaut sur le côté maniaque.
Tous ces items sont répertoriés dans le DSM-IV. (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux)  »
Gérard-Yves Cathelin – addictologue, psychothérapeute, enseignant.

 

.

.

Alors pourquoi tant de haine ?

.

Plusieurs raisons peuvent le mener à ce point limite.

  • Le fait d’amener l’individu au bord de la compréhension de sa perversion narcissique le précipite face à son vide intérieur, son Moi inachevé. >Il risque la folie, donc s’en protège avec toute la force dont il dispose.
  • La perte de contrôle de la situation qui l’amène à un seuil de stress qu’il ne peut gérer.
  • La mise en place de la non-communication qui limite ses actions puisqu’il n’a plus d’information et que surtout il ne peut plus user de son pouvoir suprême qu’est la parole.

.

.

Témoignages:
Sylvie confie: «  Pour moi, le déclencheur a été un seul refus d’échange de week-end. Il m’avait appelé pour me demander l’autorisation de ne pas prendre notre enfant le week-end de la Saint Valentin car il souhaitait le passer tranquillement avec sa copine. J’ai eu l’audace de refuser et la machine de destruction a été enclenchée. Au fil des mois qui ont suivis, tout a été bon pour me nuire, s’acharner contre moi et imposer ses volontés. Il se sentait en tout puissance, comme s’il était dieu. J’ai l’impression que son but ultime était la « disparition » de ce qu’il considérait dès lors comme son ennemi, moi ! Depuis il n’y a plus aucune communication possible, et encore moins de négociations. Il refuse tout, systématiquement, comme par principe, et sans jamais rien proposer. Il semble mener son combat dans le seul but de m’anéantir ! »

.

.

Cette haine peut être sans limite et se poser sur tout ce qui est important pour la proie: les enfants, les animaux, les photos, les biens, etc. … Le niveau d’angoisse et de déstabilisation qu’il devra impérativement gérer est à la hauteur de la panique inconsciente que lui inspire son vide intérieur. C’est ce niveau de tension interne qui le fait basculer. Aussi, pour s’en protéger, tout lui sera justifié. Il se peut aussi que pour mieux réguler ce flot de violence intérieure, la proie devienne son bouc émissaire; son dévidoir, le puis sans fond de sa haine de lui-même. Dès lors, aucune réparation ne sera possible.

.

Par l’expression de sa haine, le pervers narcissique exprime toute la détestation de lui-même.

.

Cette agressivité le pousse à accentuer ses attaques afin de provoquer une réaction de la part de l’autre, c’est vital pour lui, mais… c’est l’un de ses point de faiblesse. C’est surtout à ce moment-là qu’une victime bien accompagnée peut lui faire commettre des erreurs.
Le pervers narcissique a besoin de la réaction de son interlocuteur, quel qu’elle soit. Il lui faut impérativement retrouver la dynamique relationnelle qui lui ouvre la porte de son pouvoir. . N’oublions jamais que la parole est sa plus grande arme. C’est par la parole et la terreur que ses mots et sa gestuelle inspirent qu’il prend le pouvoir sur l’autre. Une proie avertie par ce mécanisme, pourra en user à son avantage.
Quand la haine s’exprime franchement, elle est motivée par un immense sentiment de persécution qui le positionne en état de légitime défense. Oui ! C’est à ce moment-là qu’il crache toute sa haine

.

La haine su pervers narcissique ne se déclenche que lorsqu’il se trouve en face d’une frustration, d’une opposition, d’une mise en danger, ou dans la nécessité d’un faire choix. C’est un réflexe d’auto protection.

.

Pourtant, cette violence est toujours latente en lui, et ce, depuis l’origine. Tout son apprentissage, son « art » devrais-je dire, est de la contenir pour l’utiliser qu’à bon escient.

.

.
Geneviève SCHMIT – 4 mars 2018

.


 

La reproduction intégrale de mon écrit est autorisée. Cependant, mon nom complet ainsi que le lien actif de la page du site internet http://soutien-psy-en-ligne.fr ou/et   http://pervers-narcissiques.fr est obligatoire. Vous remerciant de votre compréhension ainsi que de l’intérêt porté à mon travail, Geneviève Schmit.

Pervers-narcissiques.fr

Pervers-narcissiques.fr Site portail pour les victimes de PN

Geneviève Schmit - Experte dans l'accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques

Geneviève Schmit, coaching thérapeutique.

. .   © Geneviève Schmit, experte dans l’accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques. .


 

J’aurais grand plaisir à lire vos interventions sur le Facebook qui vous est dédié: Facebook pour les victimes de violence psychologique et de manipulation perverse. Soutien.PsyFacebook Soutien.Psy

 

1 Commentaire

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Il est ancien, et tant mieux sil est « bien vu » , cest le but. 😉 Cette « formule » — que lon entend si/trop souvent — est un moyen de culpabilisation et dasservissement qui permet de justifier linjustifiable, notamment du côté « Système » et parasites/nuisibles/toxiques Bien sûr, cest à pondérer. Dautres prétendent que « Tout est écrit/planifié » Expliquer, si, il faut. Se plaindre, ça dépend de la manière.