Respecter le choix de l’autre

27 février 2013 Par

Respecter le choix de l’autre

Respecter le choix, préserver la liberté des un et des autres …

En tant qu’experte dans l’aide aux victimes de manipulateurs pervers, et même dans la vie courante, nous sommes amenés à aider les personnes qui viennent à nous, à poser des actions pour sortir de situations douloureuses.

Il est parfois bien difficile de garder la distance indispensable à une action respectueuse de l’autre.
La tentation d’être interventionniste peut être grande et, si on y succombe, on prend à notre propre charge la responsabilité qui appartient à l’autre.

Entrer dans le Triangle Dramatique (Victime – Bourreau – Sauveur), Triangle de Karpman, est très tentant pour ceux qui se croient investis de la mission du « Sauveur », maintenant ainsi l’autre dans la posture de « Victime » …

 

Respecter l’autre, c’est le laisser libre de décider par lui-même !

Respecter l’autre, c’est accepter ses choix, et cela-même si nous sommes en désaccord avec ceux-ci…

Chaque fois que nous décidons pour l’autre nous lui manquons de respect, même si nous pensons que c’est pour son bien !

On peut retrouver cette attitude de « sauveur », chez des anciennes, ou toujours actuelles victimes qui se sentent investies de cette mission de sauveur et qui analysent la situation au travers de leurs propres grilles de lecture, troublées par leurs expériences traumatiques personnelles.
On retrouve aussi ce type d’attitude chez des psy qui perdent leur recul et entrent dans la vie de leur patients.

Être un accompagnant, un ami, est peut être un exercice d’équilibre, du grand art !

Tout cet art consiste à aider la personne, à « accompagner » la personne,  à trouver en elle les « bonnes solutions », ses propres solutions, sans imposer celles qui nous paraissent évidentes !
Cet art consiste aussi en notre capacité à mettre la lumière sur les dangers, sur les pistes qui nous paraissent cohérentes et d’offrir notre main pour l’accompagner sur « son » choix de chemin.

Lorsque le Sauveur impose sa solution, il devient « responsable » de la réussite, ou de l’échec du projet.
S’il y a réussite, le Sauveur se sentira nourrit dans son ego et la Victime restera redevable envers son sauveur.
Par contre, lorsque la Victime, poussée dans un choix qui n’était pas le sien, se retourne avec violence contre lui, les rôles vont changer et le Sauveur devient alors Victime et la Victime initiale devient Bourreau…
Bref…  c’est la confusion !

Quelqu’en soit la conclusion, aucune de ces postures n’est bonne.

 

Une victime reste une victime, et elle sera la plupart du temps incapable de se sentir « responsable » d’avoir suivi les indications du « Sauveur ».

Sortir de l’état de Victime passe par la capacité d’assumer la responsabilité de ses décisions.

Un « Sauveur » peut se sentir blessé, voir outragé lorsque sa parole n’est pas prise en compte et c’est « son » problème !

 

Le vrai respect c’est de ne pas décider à la place de l’autre.

Le vrai respect s’est d’accompagner l’autre dans son propre choix ou de se retirer.

 

Et puis, qui sommes-nous pour prétendre détenir « La » solution ?

 

Il est parfois bien surprenant et bien agréable de voir que d’autres voies que les nôtres sont possibles.

Par ailleurs, nous ne possédons pas la vision globale des choses, et encore moins pour l’autre !

Le chemin que nous imposons, peut être celui qui nous semble unique en ce moment, mais peut aussi mener l’autre sur une voie sans issue, pour lui.
Ne dit-on pas que l’on apprend par nos erreurs ?

Sur d’autres plans de consciences encore, notre intervention musclée peut parfois détourner l’autre d’une expérience de vie essentielle pour lui…Genevieve SCHMIT - Experte dans l'aide aux victimes de PN

En décidant pour l’autre, nous déclarons qu’il est incapable de gérer sa vie. C’est un désir de contrôle purement égoïste que l’on noie dans des bons sentiments.

Geneviève SCHMIT

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16 Commentaires

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  1. PARQUIC

    J’ai eu pendant 10 ans un homme qui a présenté toutes les caractéristiques du PN à savoir qu’il a été un prince charmant pendant 2 ans et monstrueux par la suite soufflant sans cesse le chaud et le froid avec de + en + de chaud et de + en + de froid au fil du temps jusqu’à m’anéantir. Cependant il y a 2 choses importantes qui ne collent pas avec tout ce que j’ai lu, écouté, et les vidéos que j’ai regardées. Premièrement, il se trouve que cet homme ne supporte pas la misère humaine et se prive de tout pour distribuer son argent à tout le monde (y compris à moi)il emprunte mème l’argent qu’il a pas pour le donner aux autres alors que normalement le pervers (qui pense à lui d’abord) est très égoiste sur le plan matériel.Et deuxièmement quand il a des pulsions destructrices il est très mal après et il s’en veut terriblement alors que normalement, le pervers ne culpabilise jamais. Lui tantot il culpabilise jusqu’à se rendre malade et pleure en disant que c’est une merde et qu’il ne vaut rien, tantot il se montre insensible et froid. Pouvez vous m’expliquer ? Et me dire si c’est quand mème un PN ou une autre pathologie. Merci de votre réponse. Bien cordialement, JOELLE

  2. Mokrycki

    Je pense que je suis mariée à un pervers narcissique mais m en suis rendu compte très tardivement pensant selon lui que je n était pas très normale à cause de mon enfance difficile il dénigrais ma mère mes frères et sœurs ensuite nos propre enfants disant qu ils s étaient des bons à rien ét fainéants par ma faute mes enfants ont tous réussis dans leur vie professionnelle j ai euvre dans se sense avec succès évidemment j ai toujours travaillé chez moi pour parvenir à leurs éducation mais me voici à 68ans bientôt retraité puisque la petite dernière a fini ses études avec succès ét pris s on envole à son tour ét je me retrouve face à mon mari qui n a tien vraiment à partager sinon les bons repas que j ai toujours concocte pour les enfants dont il a toujours profité avec souvent des réflexions trop chaud pas assez cuit ou autre bref je viens de faire un accident cérébral sans conséquence certainement dû au stress et la grande fatigue morale que je dissimule aidez moi à être mieux me conseiller dans mon comportement j ai des petits enfants très attachés à nous que faire merci cordialement

  3. Poona

    Bonjour,quelle sensation de voir que nos choix dans la relation d’aide sont partagés.Victime d’un PN de la plus haute dangerosité(confirmé par une psy spécialisée dès 2000 dans l’emprise)j’ai continué mon travail(coaching éducatif) de la façon que vous préconisez,ce qui est souvent plus long et ma hiérarchie me l’a fait sentir.Mais les solutions ne peuvent qu’être dans la personne qui consulte.Projeter ses envies,nos sensations,ne peut que faire vivre une histoire qui ne sera pas la sienne.J’ai conseillé une amie depuis un an mais elle a gardé son libre arbitre.Ce qui a été positif car c’est elle même qui met en place son phénomène de survie aux côtés d’un mari violent et manipulateur qu’elle aime.Merci à vous d’être là.

  4. bouche

    je trouve vos conseils de vie très juste et très bons

  5. Bien d’accord avec vous, surtout pour la liberté, mais qu’en est il pour la Gouvernance entre les pouvoirs politique, économique, et sociétal comment sortir de la crise ?
    Si la répression parvient à diminuer le nombre de morts sur les routes,il n’y a pas de radars pour prévenir les suicides, qui ne diminuent pas !
    Que proposez vous ?

    • Je n’ai bien malheureusement rien à proposer d’autre que ce que je tente de faire … éveiller les consciences individuelles.
      Mais peut être que vous avez d’autres idées que vous pourriez mettre en application ?
      Amicalement, Geneviève SCHMIT

  6. Bonjour Genevieve, Merci, je suis pleinement d’accord avec vous. Aussi je m’en souviens que lorsque je préparation mon petit livre, ‘ « Transactional Analysis in Organisations », Steve Karpmman m’ avait envoye un e-mail ou il avait dit que toujours il y a 10% okness dans Le Triangle Dramatique. C’est a dire, l’Aggression dans le Bourreau, la Sympathie dans le Sauveur et la Vulnerabilite dans le Victime. Donc , peut-être le coach doit trouver de tels qualites dans soi-meme pour aider le client ( coachee) trouver les memes qualites. Par exemple, de ne pas se punir d’avoir rendu visite au Triangle Dramatique.

    Encore, une fois, Merci.
    Amitie, Keri

  7. J’ai beaucoup aimé votre article. Il correspond entièrement à mon éthique. Je dis toujours aux personnes que j’aide : « je t’aide à t’aider toi même« .

    Dans les relations d’aides aux personnes tout comme dans la vie de tout les jours, il est important de responsabiliser les individus. Chacun est libre de faire ses choix.

    Quand quelqu’un me demande conseil ou aide, j’exprime mon point de vu, ma pensée, mais je conclut toujours par : « mais tu es responsable de tes choix et de leur conséquences qu’elles soient positives ou négatives« .

    Dans des situations très délicates, je préfère m’abstenir de dire quoique ce soit car parfois les relations de causes à effets nous dépassent suivant les situations.

    Bonne journée à tous

    Bien à vous

    Steve

    • Merci Steve pour ce partage !
      Ces valeurs sont essentielles et … pas nécessairement respectées.
      Il y a beaucoup de « gouroupathes » 😉 et de « sauveurs » de tout poils …

      Amicalement, Geneviève

  8. Frida

    Cela me parle beaucoup autant sur le plan professionnel que personnel …Merci :)

  9. josy

    Vraiment très très interessant! j’en prend de la graine!merci

  10. Bibou

    Très bon article qui m’a permis de mettre des mots sur un schéma psychologique. Merci ; )

    • Merci à vous de partager votre sentiment à ce sujet.
      Amicalement, Geneviève SCHMIT

      http://pervers-narcissiques.fr

      • Bonsoir, Geneviève, je me sens concernée de très près par cet article. En effet, habituée très jeune à prendre des décisions pour les autres, pour mon frère suite au divorce de mes parents, (il n’avait que 7 ans), au veuvage de ma grand-mère chez qui je vivais, à mon travail: j’intervenais auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, donc: très dépendantes, j’ai exercé mon « pouvoir décisionnaire » et j’avoue que cela me plaisait assez. Puis il y a eu cette rencontre avec ce PN, sous la coupe duquel j’ai vécu presque un an avant de lui échapper petit à petit. En fait, je voulais le changer, lui aussi: le guérir de son mal être, de son alcoolisme, de tout faire pour le rendre heureux,ce qu’il n’a jamais été. J’ai beaucoup souffert d’avoir perdu cette liberté. Quelle n’a pas été ma joie quand je l’ai mis à la porte de chez moi encadré par deux policiers! Hiiiiiiiiiii!!! Et celui qui m’a violée voici trois ans, quelle jubilation ai-je éprouvé, en le voyant pâle et amaigri par son séjour en prison, sortant du fourgon pénitenciaire, enchaîné comme une bête! J’ai bravé son regard d’assassin, tandis qu’il était aux Assises, face à moi, dans le box des accusés. Il a baissé les yeux. Il a eu honte, quand je l’ai traité de lâche devant la Cour ! Hélas! De victime, je m’aperçois que je suis devenue bourreau. Par moments seulement. Heureusement. Le reste du temps, je suis tranquille chez moi, ou je vaque à mes activités et à mes loisirs, je rencontre du monde, je discute avec des personnes âgées. Je recommence à profiter de la vie. Mais pour rien au monde, je me sens prête à entreprendre une nouvelle relation. J’ai trop peur de faire du mal. Merci de vos conseils. Amicalement, Forester. (qui ne veut pas être injuste).

  11. C’est d’une vérité……… qui me plaît beaucoup