Vide intérieur du manipulateur pervers

25 mai 2018 Par

Vide intérieur du manipulateur pervers

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Qu’est ce qui anime le manipulateur pervers narcissique?

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Le « vide intérieur » dont je parle tout le long de mes textes concernant les pervers narcissiques représente l’état autour duquel l’individu s’est construit.

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Il est l’expression inconsciente d’une détresse profonde qui repose, entre autres, sur des expériences marquantes de rejets et/ou d’abandons. Il est aussi relié à un  sentiment d’impuissance, de solitude et surtout d’insécurité immense générant un état constant d’anxiété conscient ou inconscient.

 

Chez ces sujets, la terreur de perdre paralyse et ils tendent alors à s’accrocher aux contenus de la réalité extérieure. [1]C’est un  véritable traumatisme psychique. “Pas de mot pour décrire ce vide intérieur qui aspire ma vie”. L’extérieur est considéré comme particulièrement angoissant pour certains manipulateurs pervers. C’est là que le concept de « vide » prend toute son importance. Donald Woods Winnicott[2] ne situe plus le noyau psychotique comme un effondrement, mais bien comme une organisation contre ce-dernier.

 

C’est donc bien par crainte de cet effondrement psychique que le manipulateur pervers narcissique met en place tous les stratagèmes conscients et inconscients qui vont détruire ses proies. C’est comme une tour fortifiée, une citadelle qu’il construit autour de ce vide dont il doit impérativement se protéger. Le manipulateur pervers finit par oublier l’existence même de ce vide intérieur, expression d’une détresse profonde, pour s’identifier à la construction qu’il a bâtie pour s’en protéger.

 

En conséquence, l’objectif du pervers narcissique est moins de détruire sa proie que de se protéger de ce que, par elle, il pourrait reconnaître de lui.

 

La destruction de l’autre n’est que la conséquence de son mécanisme de défense face à la terreur d’un effondrement psychique irrémédiable.

 

Geneviève Schmit – 25 mai 2018

Extrait de son livre qui paraîtra prochainement aux éditions Le Cherche Midi

 


 

[1] Réf: Winnicott, 1974

[2] Donald Woods Winnicott (1897-1971) – Pédiatre et psychanalyste anglais, Donald Woods Winnicott occupe une place à part dans la psychanalyse infantile du fait de son originalité, de son non-conformisme et de sa position en marge des deux écoles britanniques d’Anna Freud et de Mélanie Klein. Il a donné des milliers de consultations, affinant sans cesse son analyse des premiers liens mère-enfant.

 


 

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Vous remerciant de votre compréhension ainsi que de l’intérêt porté à mon travail, Geneviève Schmit.


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Geneviève Schmit - Experte dans l'accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques

Geneviève Schmit, coaching thérapeutique.

. .   © Geneviève Schmit, experte dans l’accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques. .


 

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2 Commentaires

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  1. kévin

    bonjour.
    je retrouve exactement les même termes chez mon ex conjointe d’il y a 6 ans, pour la raison que je ne me doutais pas encore avec le temps.

    mais j’ai actuellement le même problème avec ma conjointe, qui est la mère de ma fille actuellement …

    comment faire pour la résonné? lui faire ouvrir les yeux? que ma fille ne devienne surtout pas comme elle et surtout avoir une vrai vie de famille ensemble …?
    aidé moi svp

  2. Dayana

    Oui j’ai reconnu cela en mon compagnon de vie…et aussi en moi qui subissait « en victime » toutes les conséquences destructrices de ce fonctionnement
    Après avoir réussi à le quitter,j’ai remonté le fil d’Ariane de mes propres fonctionnements et ai découvert que je souffrais d’un immense manque affectif qui cherchait à se combler à travers des vécus de procuration. Ces procurations se posaient sur des statu projetés sur ceux qui semblaient (par imagination )le mieux coller à ces images, tel le conjoint-partenaire qui devenait alors « l’homme de ma vie » malgré les fonctionnements destructeurs. C’est cela qui m’empêchait pendant longtemps de partir.

    Continuant à cheminer et à observer ce manque affectif j’ai réalisé qu’il correspondait à ce vide dont vous parlez. Je le vivais comme un no man’s land, neutre terne gris sans stimulus,sans amour,froid,sans énergie,sans espoir d’autre chose,sans envie,sans moteur d’aucune sorte.Bref de la non-vie. J’ai alors compris que ce vide-noman’sland était assimilé à la mort. C’était comme vivre en toute conscience la mort,d’où le côté insupportable terrifiant de cette expérience!
    Déjà une grande avancée car se posait alors une question: que suis je moi qui vis la mort?!!

    Paradoxalement, j’ai alors réalisé que je n’étais pas cette personne souffrante vivant l’expérience de sa propre mort mais pure conscience, consciente de cette expérience .

    Cela n’a pourtant pas créé la libération totale de cette illusion!

    La réalisation d’être pure conscience et non pas une personne consciente a libéré le sentiment d’être mortel mais n’a pas annihilé ce vide abyssal . Du coup cela s’est transformé en un sentiment d’immortalité mais condamné au néant. Un vécu terrifiant presque pire que le précédent.
    Mais en même temps tout au fond,ce sentiment que ce ne peut être la réalité restait ancré,une sorte de dernier espoir.
    Plusieurs années ont passé avec d’innombrables stratégies élaborées pour ne pas vivre ça mais sans succès. Tout était vu

    et enfin,une prise de conscience qui a tout changé:
    la réalisation que ce vide (qui est un vide mental projeté sur le monde c’est à dire sur ce qui se perçoit et qui apparaissait alors comme vide d’intérêt) était associé à l’idée qu’ils’agissait de la nature de la conscience c’est à dire de ma propre nature.
    Croire que ma propre nature est la mort c’est à dire le déni de tout ce qui existe fait vivre un enfer, c’est ce que certain appellent la nuit noire de l’âme.
    Et ce n’est qu’une illusion.

    J’ai enfin réalisé que ce que l’on est,pure présence conscience ne sait que donner vie,que créer même quand elle crée cette illusion de mort. Le vide abyssal n’est que perception,un état perçu éclairé par la conscience qui lui donne vie. Ce vide interprété comme le néant absolu par le mental,n’existe tout simplement pas et n’est en aucun cas la nature perceptive de la conscience. Il est impossible de connaître la nature de la conscience car ce n’est pas une perception, on ne peut que la vivre. Ce qui est sûr c’est lorsque’on la réalise la paix l’amour la joie en sont ses parfums.

    Puisse mon témoignage aider certains qui s’y reconnaîtront
    Avec compassion