Violence faite aux hommes

25 novembre 2014 Par

Violence faite aux hommes

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Journée mondiale des violences faites aux femmes :

N’oublions pas les hommes !

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« J’aurais préféré me prendre un bon marron plutôt que de subir ça au quotidien. »

Pendant des années, Jacques* a subi les attaques incessantes de sa femme. Adultère, humiliations, dénigrement quotidien…
Le harcèlement, progressif, insidieux, l’a détruit à petit feu.

« Au final, je m’en suis bien sorti malgré une dépression, mais, vous savez, 4 % des victimes de pervers narcissiques se suicident ! »

Aujourd’hui divorcé, il est tiré d’affaire, mais c’est pour ses enfants qu’il a peur.
« Comme elle n’arrive plus à m’atteindre, elle risque de s’en prendre à eux ou d’essayer de les retourner contre moi pour me nuire. »
Pour Mustapha Bezzari, lui aussi rescapé des griffes d’une perverse narcissique, ce qui a inspiré son roman Les Mutants, ce comportement est typique de ces personnalités nuisibles.
« C’est le fonctionnement classique du pervers narcissique. Ce sont des séducteurs extraordinaires, mais dès qu’ils se rendent compte que le charme n’opère plus, ils s’en prennent à ceux qui les ont démasqués. »

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Pour Geneviève Schmit, coach et thérapeute pour victimes de pervers narcissiques, les débuts d’une relation vouée à la violence commencent souvent par une phase idyllique avant de tourner au cauchemar.
« Le pervers narcissique ne vit qu’à travers l’image positive que les autres lui renvoient. Il ne peut supporter qu’on le confronte à ce qu’il est. S’il s’estime démasqué ou qu’il sent que celui dont il se nourrit lui échappe, il se montre sous son vrai jour. »
S’ensuit alors une sorte de mise à mort psychologique du partenaire, qui s’exprime sous différentes formes : « J’ai tout eu avec ma femme : harcèlement, fausses accusations, menaces, graffitis injurieux, atteinte à la réputation, colportage de rumeurs… Tout était bon pour me détruire personnellement mais aussi socialement« , continue Jacques.

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Prédatrices

Les pervers narcissiques ne sont pas les seuls incriminés. Les femmes dominantes ou élevées dans la violence seraient, elles aussi, des prédateurs potentiels. « On parle beaucoup du pervers narcissique, mais il n’y a pas de profil type« , tempère Théodore Nassé, psychologue clinicien à Paris. Le problème : ces situations, souvent complexes pour le grand public, sont plus faciles à reconnaître au cinéma, dans les thrillers psychologiques où des femmes perverses sont mises en scène, que dans la réalité, au quotidien. « Les gens ont beaucoup de mal à identifier et à comprendre un fonctionnement pervers. C’est pour cela que nos patients ont tant de mal à s’exprimer : ils ont en permanence peur d’être jugés, incompris, voire pire, de passer eux-mêmes pour des fous ! » poursuit Théodore Nassé.
Jacques confirme : « Chaque fois que j’ai essayé de parler de ma situation à des amis, ils avaient du mal à me croire et ils essayaient systématiquement de minimiser le comportement de ma femme. C’est la double peine : non seulement vous êtes victime, mais en plus vous êtes seul. »

« Même si cela paraît bizarre, il est plus difficile de se remettre de la violence psychologique que des coups« , insiste Jacques.
Théodore Nassé confirme : « Pour la plupart des gens, la vraie violence se limite aux bleus et aux hématomes. Ils ne considèrent comme grave que ce qu’ils peuvent voir et mesurer. »
Selon les victimes et les experts, la principale difficulté viendrait du fait que peu de gens saisissent la complexité des maux de l’âme et réalisent à quel point la violence psychologique est destructrice.

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Préjugés

Par ailleurs, le poids du tabou et les préjugés sont tenaces.
« Un de mes patients est allé à la police pour porter plainte. Quand il s’est présenté devant les policiers et qu’il a expliqué que sa femme le battait, ils lui ont ri au nez… C’est un grand gaillard très costaud, donc ils n’ont pas cru une seconde son histoire. Il est reparti et s’est juré de ne plus jamais en parler« , confie Théodore Nassé.
Ces préjugés sont destructeurs pour l’individu qui se terre dans le silence.
La plupart n’osent pas parler de leur calvaire à leur entourage, même à leurs proches. « Ils ont peur de ne pas être crus, de ne pas être compris. Les comportements pervers sont si difficiles à décrire et leurs auteurs sont tellement manipulateurs qu’ils sont très doués pour retourner l’entourage contre la victime. Certaines femmes n’hésitent pas à s’infliger des sévices pour faire croire qu’il s’agit de leur compagnon alors que c’est lui qui est victime ! » s’insurge le psychologue.

Pour ces hommes, la honte s’ajoute à la souffrance. « Les préjugés envers les hommes sont profondément ancrés dans notre culture », ajoute Geneviève Schmit. « Dans l’inconscient populaire, l’homme représente la force. Aussi, on ne peut l’imaginer victime. »

Un tabou que l’auteur de ces lignes a pu constater durant son enquête : si peu d’hommes ont accepté de s’exprimer sur ce sujet, aucun homme victime de violences physiques n’a accepté de témoigner.

En France, peu de structures sont consacrées au problème pour sensibiliser la population.
C’est de Grande-Bretagne que nous vient la dernière campagne-choc sur le sujet.
Dans une vidéo simulant une dispute conjugale, l’association britannique MANKIND contre les violences conjugales dénonce la tendance qui considère à trouver risible l’image d’un homme battu ou maltraité par sa femme (voir la vidéo ci-dessous).

Car les hommes aussi périssent sous les coups : en 2013, selon les chiffres du ministère des Droits des Femmes, sur les cent quarante-six personnes décédées à la suite de violences conjugales, vingt-cinq étaient des hommes.

 

Pour les experts, il ne s’agit pas de minimiser les violences faites aux femmes, simplement rappeler que la violence n’est acceptable ni pour les hommes ni pour les femmes, et que se limiter aux chiffres renie ceux qui souffrent.
« Parler des violences faites aux hommes, c’est important, car c’est leur rendre justice. C’est leur donner un créneau pour s’exprimer. Encore faut-il qu’ils saisissent cette opportunité... » conclut Geneviève Schmit.

 

Par Marie de Douhet, journaliste au journal Le Point
http://www.lepoint.fr/societe/journee-mondiale-des-violences-faites-aux-femmes-n-oublions-pas-les-hommes

 

Voici le clip de l’association britannique MANKIND pour sensibiliser à la violence faite aux hommes :

 

http://bit.ly/violence-faites-aux-hommes

7 Commentaires

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  1. R.

    La violence a beaucoup de visages et prend des formes diverses, mais reste dans le fond toujours destructrice. La violence morale, rampante, insidieuse, par petits coups sans relâche ne laisse pas de bleus, reste sans trace et ne permet pas d’accusation.
    La résistance se brise comme la digue sous les vagues.
    La destruction est lente mais massive et sans pitié.
    Combien de fois j’ai entendu … »sois un homme. »
    La justice est lente .. et démunie face au phénomène.
    Les procédures et les thérapies sont longues et coûteuses.
    Les personnes compétentes sont rares.

    • Bonjour,

      Merci pour votre témoignage.
      Effectivement, être un homme ne prémunis pas de la souffrance, et notre éducation musèle l’expression de cette souffrance…

      Bon courage! Geneviève SCHMIT

  2. Nina

    … comme j’aurais aimé comprendre, comprendre cet ami qui à préférer mettre fin à ses jours il y a quelques années.
    Je le voyais souvent, ses blagues à deux balles…
    Franchouillard et drôle…
    Jovial, heureux de vivre…
    Près des autres, toujours là quand il faut…
    Puis peu à peu je le voyais moins… il l’avait rencontré « Folcoche » par mon intermédiaire…
    Il n’avait plus le temps pour rien…
    Ses blagues étaient moins drôle…
    Son regard un peu vague…
    Il se racontait peu, il se racontait négativement, comme perdu…
    Puis je ne le voyais plus du tout.
    Je n’avais pas vu, pas entendu, pas compris, si seulement j’avais su…
    Puis un appel des gendarmes, il fallait que j’aille la chercher: Folcoche
    Pas lui… il c’était mis une balle dans le cœur…
    Cette fois encore je n’avais pas compris…
    Des années plus tard, je me trouve à la place de cet ami, « Folcoche » a jetée son dévolu sur moi, c’était il y a 3 ans…
    Aujourd’hui j’ai compris.
    J’ai compris la paralysie, l’incapacité à comprendre, l’incapacité à prendre des décisions,l’incapacité d’aller plus loin qu’une simple main courante pour harcèlent, l’incapacité à se défendre face à ces terroristes de l’amour… détruisant ce qui est beau.
    J’ai compris que l’on puisse se perdre, ne plus savoir qui l’on est.
    3 ans bientôt et elle s’acharne toujours et encore, jouant le froid, le chaud, retournant ses propres manigances, ses propres mots, ses propres faiblesses contre moi, faisant souffrir nos proches.
    Folcoche…ma soeur que j’aime et que j’évite comme la peste.

    A toi l’ami, car depuis que j’ai compris il n’y a pas de jours ou je ne pense pas à toi la haut et à ce qu’elle à dû te faire subir pour en arriver là.

  3. Marc

    je l’ai vécu moi ça …
    en bien pire …
    ça fait bizarre …
    j’ai pas honte de le dire …

    Comment ça se passe dans la tete ? jamais je ne pourrais frapper une femme …
    et encore moins ma femme à l’époque …

    alors quand il ya avait des crises j’esquivais …
    je faisais 1m77 pour 88 kilogs pas gringalet mdr — elle 1m58 57/58 kilogs …

    j’ai pris de ces baffes les coups qui arrivaient à passer …
    j’ai pris de ces coups de griffes au visage …
    les cheveux pas de blemes je suis poivre et sel et il m’en manque pas mal …
    Je me suis retrouvé avec des putains de bleus des fois …
    au taff je racontais des conneries … j’étais tombé c’est rien c’est rien pas de problemes …

    j’ai eu les jetons d’etre emmerdé par la police un jour ou elle arrive à me cogner pleine face au nez … ou les dents me rappelle plus … et je saignais … elle est super intelligente qu’est ce qu’elle a fait d’apres vous ?
    Elle s’est frappé mais bien frappé elle avait l’arcade bleue !!! elle se chausse … son blouson … je lui dit tu vas ou ???
    Je vais porter plainte chez les flics !!! waaaaa ça fait bizarre …
    J’ai jamais su si elle l’avait fait car elle est réellement partie 1 heure .je m’attendais a recevoir la police … yavait 2 enfants à la maison jeunes ados mais quand meme … je me disais que je risquais pas grand chose v’avais pas une trace de coup sur mes mains mais quand meme j’aurais pu me faire embarquer alors qu’elle c’était infligée ça toute seule …

    Une fois je me suis retrouvé coincé dans le bac à douche elle voulait me planter avec un couteau … ouaip … j’ai cru que cette fois-ci j’allais y passer
    dailleurs cette fois la je suis allé juste faire une main courante au cas ou après ça la calmée pour de bon … comme quoi …

    Bon et pourqu’oi je suis pas allé plus loin contre elle ?
    je vais vous dire … enfin je crois que c’est ma réalitée à moi
    c’est mon vécu.

    Quand ça arrive comment dire … c’est comme si votre cerveau se deconnecte de votre corp … vous voyez la scene de plus haut comme si vous etiez spectateur de ce qui se passe … comment vous expliquez ? … ce qui arrive ne peut pas arriver c’est impossible ! le petit bout de femme que vous aimez la devant vous c’est pas possible c’est pas elle ? alors vous esquivez en attendant que ça passe … vous prenez des coups au passage … votre cerveau vous dit mais non ça n’arrive pas la tu reves réveille toi … et quand ça s’arrete … vous prenez conscience que ya des coups qui sont passés … si ça va c’est pas grave … vous vous taisez c’est la honte de se faire frapper par sa femme vous etes un gaillard alors on dit rien … vous allez pas faire passer la femme que vous aimez pour une folle non ??? c’est la mere de vos enfants quand meme !!! c’est pas grave elle recommencera plus puis comme on a affaire à une bonne manipulatrice on se dit merde j’ai peut etre dit un truc de trop j’aurais du fermer ma gueule aussi je l’ai cherché non ?

    Elle va se calmer des jours des semaines … jamais elle va s’excuser comptes pas la dessus vous l’avez cherché non ??? … puis un autre jour ça recommence … ça recommence …

    Je vous dis ça pourquoi ???
    Je suis le roi des cons !!!
    vous avez peur vous vous dites si je réplique c’est une femme … elle va pas hésiter à y aller porter plainte et t’a perdu devant la police … c’est la merde tu pense à ton beau couple … tu te dis merde je peux pas porter plainte contre la femme que j’aime ! contre la mere de mes enfants !!!

    PUTAIN FAIS LE !!!

    Fais ce que je n’ai pas su faire !
    Elle aurait pu me tuer ! une fois elle était pas loin !
    La finalitée c’est quoi ???
    J’ai fini par divorcer !
    Donc ma réalité c’est que j’aurais des la premiere fois du me barrer !!!
    Fuir cette tarrée !!! dangereuse !!!

    Casse toi si ça arrive Casse toi de suite ! de toute façon ton couple est mort
    c’est dur mais c’est comme ça !
    J’en suis pas encore guérit moi ma perverse est tres forte —) mdr …
    tres forte …
    Apres tout ça je l’aime encore meme apres avoir divorcé …
    ça me fait sourire de l’écrire mais c’est comme ça !

    Je vais y arriver !!! suis sur la bonne voie !!!

    Juste pour vous dire que si j’avais pas été costaud dans ma tete je serais plus la … mais je suis la ! je me suis pas fait aidé j’ai affronté ça tout seul mais je sais que c’est pas bon … faites vous aider faites pas la meme connerie que moi dailleurs je vais me faire aider tiens …

    ce site me donne envie de me faire aider pour en finir une bonne fois avec mon démon —)

    Portez vous bien
    Prenez soins de vous si vous etes dans ce cas
    redevenez un peu égoiste meme si c’est pas votre nature
    Vivez la vie est belle !!!

    Marc

    parce que je l’aimais toujours

    • Bertrand

      Le schéma est le même que pour les femmes victimes de violence. La manipulation, la cruauté et violence n’a pas de sexe.
      Après avoir quitté le père de mes enfants, pervers manipulateur, je me suis remise avec un homme qui s’est avéré un peu manipulateur, mais pas pervers, en tous les cas rigide et un peu tyran domestique avec tout le monde (moi, mes enfants et les siens) quand les choses ne se passent pas comme il le veux. Je l’ai quitté bien plus vite que le père de mes enfants ( 2 ans contre 10 ans).
      J’ai repris un travail sur moi. Je passe progressivement de victime à actrice de ma vie. Je dois encore comprendre en quoi j’adopte encore des comportements de soumissions…
      Je réalise que j’ai d’abord été soumise parce ce que j’étais dépendante affectivement (de ma mère puis des hommes que j’ai rencontrés) victime d’attouchement enfant puis de viol plus tard… Toujours par des personnes connues en qui j’aurais dû pouvoir avoir confiance…
      Le travail sur soi est long et douloureux car il faut admettre sa part de responsabilité. Je tiens en visualisant mon objectif.

      • Bonjour,
        Je pense qu’il diffère quand même un peu de la violence faite aux femmes à cause de l’attente sociale …
        La honte est beaucoup plus présente encore chez les hommes victimes …
        Bon courage! Geneviève Schmit