Youliana

Il n’y a pas longtemps je me suis adressée à vous sur Facebook concernant une histoire de manipulation psychologique dans le cadre d’un « stage de développement personnel », mais depuis cette expérience je me suis mise à réfléchir sur comment je suis tombée sur cette personne, qu’est-ce que la manipulation, qui sont ces pervers narcissiques?

J’ai beaucoup appris et compris sur votre site, j’ai identifié deux autres personnes dans ma vie qui m’ont tenue sous emprise durant 7 ans, sept ans aux mains d’un ex « sans qui je n’étais rien« , « qui m’a sauvée de ma mère toxique« , sept ans suivie par un psychiatre qui me coachait et me prescrivait des antidépresseurs dont je n’avais pas besoin, qui me riait au nez quand je disais vouloir partir.

Et cela fait quelques jours que je suis sous le choc…

J’ai l’impression de m’être réveillée d’un rêve, comment j’ai pu vivre dans le mensonge? dans le mensonge des autres tout ce temps? 17-24ans!
Ce qui était censé être mes années de jeunesse où on apprend à profiter de la vie!
Ces deux personnes m’ont juste coupée du monde.
Mais tout ceci sur le plan relationnel.
En dépit de leur influence j’ai réussi à cultiver mes ressources et ai pu m’en sortir grâce aux soutien des personnes avec qui je n’avais pas des relations aussi toxiques.
Et le fait de ne pas habiter en permanence avec ces personnes m’a peut-être aidée également.

Mais comment faire sortir de cette cage, de cette emprise, d’après ce que j’ai compris, inconsciente pour les deux partenaires, les femmes qui partagent toute leur vie avec une telle personne???

Rien que dans les 7 ans, je sentais la dépendance devenir toujours plus forte, de ne pas pouvoir vivre sans ces deux personnes, d’envisager le suicide dans le cas où l’une d’elle me quittait!

Alors qu’on ne vit qu’à moitié quand on est là-dedans!
J’ai failli compromettre mes études, mon travail, mes relations normales, ma santé, en basant mes actions sur ce que je pensais devoir à ces personnes-là!
J’ai complètement coupé les ponts avec ma famille et tente de réparer les choses seulement maintenant.
Après cela, quoi transmettre aux personnes qui sont là-dedans et ne s’en rendent pas compte, quand on voit à quel point on est aveuglé par tout ce qui vient de l’extérieur???
Aux conseils des proches qui veulent réellement nous aider???

J’ai peur de tomber dans un jeu de manipulation moi-même en essayant de tirer de force une personne que je suppose subir cela en ce moment…

Mon repère: ne pas prétendre savoir ce dont les autres ont besoin.

C’est la prétention que semblent présenter ces PN, et c’est la négation de l’altérité, c’est ce qui leur octroie le droit de traiter l’autre en objet sans culpabilité, allant jusqu’à prétendre que c’est « pour son bien« !
Alors en face de cela, c’est l’affirmation de ses propres besoins qui peut peut-être mettre la limite à l’autre!

  • Essayer de sensibiliser ces femmes à leurs propres besoins, désirs, aspirations!
  • Leur demander si elles sont capables de décider de leurs actes sans référence permanente à l’autre?
  • Leur demander si et pourquoi leur vie devrait s’arrêter sans l’autre!
  • Leur demander SI ELLES SE SENTENT ENCORE HUMAINES Là-DEDANS!

Vous suggérez de trouver des mots percutants pour parler de ces choses-là et augmenter l’impact de la sensibilisation…

Je parlerai volontiers de mon sentiment d’avoir subi un véritable viol, continu ou répété, durant ces 7 année, d’avoir été traité comme un objet, et de la honte que je ressens maintenant en l’admettant.

Je parlerai aussi de confusion de sentiment d’insécurité que je n’avais jamais ressenti avant, dûs certainement au choc d’avec la réalité, et à l’illusion d’avoir été entièrement protégée par ces personnes durant 7 ans alors que c’était précisément avec elle que la menace sur mon intégrité autant psychique que physique était permanente!

Pourquoi la confusion?
En sortant de cela, tout s’inverse: les personnes qui tentaient de me prévenir de ces relations malsaines et auprès de qui je défendais bec et ongles mes PNs, deviennent celles que j’aurais dû écouter, et ce sont également celles qui me soutiennent maintenant.
Et les personnes que je reconnais comme m’ayant tenu sous leur emprise, c’est « mais qu’est-ce que je fais?« , mon ex bon, mais le psychiatre ???!!!

Pour conclure, une citation percutante “It is better to be unhappy and know the worst, than to be happy in a fool’s paradise.” ― Fyodor Dostoyevsky, The Idiot («  Il est préférable d’être malheureux et de connaître la pire que d’être heureux dans le paradis d’un imbécile« .)

En tous cas, je vous remercie pour les efforts que vous déployez pour cette prévention! Je voulais engager mon propre combat mais cela a commencé à tourner en obsession et là je rencontrais un nouveau risque de passer à côté de ma vie, alors je m’y mettrai quand j’aurai plus de temps, et de moyens.

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Youliana

 

 

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