Témoignage d'une séance d'EMDR : quand le réel devient cauchemar
Abattage des vaches en Ariège : un évènement qui fait basculer le cerveau en mode survie
Elle m’appelle en état de panique. Elle pleure. Elle ne dort plus. Elle dit qu’elle ne se reconnaît plus. Son cerveau tourne en boucle, sans interrupteur.
Ce n’est pas une peur abstraite du climat ou de l’avenir. C’est un choc à désensibiliser avec l’EMDR.
À dix minutes de chez elle, en Ariège, un troupeau entier de vaches est abattu. Elle voit les gendarmes, les hélicoptères, les armes. Des voisins lui montrent des vidéos des assauts. Elle parle d’une scène de guerre. Son système nerveux craque.
Depuis, les images reviennent. S’imposent. S’incrustent.
Elle répète : « Je ne comprends pas dans quelle France on vit. »
Tout ce qui est uniforme, armes, autorité armée, l’a toujours angoissée. Mais avant, elle arrivait à détourner le regard. Là, elle n’y arrive plus. Le simple fait de rentrer chez elle devient difficile.
Ce n’est plus une inquiétude.
C’est une effraction émotionnelle.
Elle ne parle pas seulement des vaches. Elle parle de ses chiens, de ses chevaux dont elle fait l’élevage. Elle imagine comment les protéger, comment fuir, comment se cacher. Et un ancien cauchemar remonte, des militaires abattant ses chiens, un par un. Le réel a rencontré l’imaginaire. Le cerveau ne distingue plus le vrai du faux.
Quand un traumatisme s’active, tout déborde.
Une coupe d’arbres devant chez elle devient un carnage.
Une altercation sur la route devient une agression.
Un désaccord devient une menace.
Elle se sent agressée partout.
Et en même temps, elle se voit devenir plus dure, plus explosive.
Puis elle dit cette phrase, la plus importante :
« Je ne veux pas mourir. Je veux que ça s’arrête ! »
Ce n’est pas une envie de mort.
C’est un épuisement neurologique.
Un cerveau en alerte permanente.
C’est là que l’EMDR intervient.
Non pas pour nier ce qui s’est passé.
Mais pour désactiver la boucle traumatique.
Après la séance, elle me dit :
« Les images sont toujours là… mais plus loin. Plus floues. Je respire mieux. »
Tout n’est pas réglé.
Mais ce n’est plus une urgence interne.
Ce témoignage montre une chose essentielle :
L’éco anxiété n’est pas toujours une peur diffuse.
Parfois, elle naît d’un évènement réel, brutal, proche, qui heurte profondément nos valeurs et notre rapport au vivant.
Et quand le système nerveux bascule en mode survie, ce n’est pas une question d’opinion.
C’est une question de traumatisme.
Si vous vous reconnaissez dans cette saturation, ces images intrusives, cette impression d’être en alerte constante, vous n’êtes pas fragile.
Vous êtes en état de choc.
Et cela se travaille.
Geneviève Schmit – février 2026
Comment se manifeste l'éco-anxiété ?
L’éco-anxiété se manifeste par un état de stress persistant lié aux menaces perçues sur la planète, le vivant et la protection de la vie. Contrairement à une simple inquiétude passagère, elle peut devenir envahissante et affecter profondément la santé mentale.
Les personnes anxieuses ou particulièrement sensibles peuvent ressentir :
une inquiétude permanente face aux crises écologiques
un sentiment d’impuissance ou d’emprise des évènements mondiaux
de la culpabilité, par exemple de ne pas en faire assez
des troubles du sommeil
une irritabilité accrue
des pensées répétitives ou catastrophiques
parfois une forme de dépression
Chez certaines personnes ayant déjà été victime d’évènements traumatisants, comme un attentat, une catastrophe naturelle ou d’autres traumas, l’éco-anxiété peut réactiver un trouble de stress antérieur. Le cerveau entre alors en hypervigilance, avec des réactions proches d’un état de survie.
Il est important de comprendre que l’éco-anxiété a un caractère personnel. Deux personnes exposées aux mêmes stimuli, actualités, images, débats, ne réagiront pas de la même manière. L’histoire individuelle, l’empathie, la sensibilité au vivant et les expériences passées jouent un rôle central.
Lorsque la souffrance devient envahissante, une psychothérapie peut être bénéfique. Un thérapeute, un psychiatre ou un professionnel formé aux traumas peut aider à désactiver les mécanismes de panique et à retrouver un équilibre émotionnel.
L’éco-anxiété n’est pas une faiblesse. C’est souvent le signe d’une grande sensibilité et d’une conscience aiguë des enjeux du monde actuel. Lorsqu’elle devient invalidante, elle mérite d’être prise en charge avec sérieux et bienveillance.
Quels sont les 4 symptômes les plus fréquents de l'anxiété ?
Quels sont les 4 symptômes les plus fréquents de l’anxiété ?
L’anxiété peut se manifester de différentes façons selon la personne, mais quatre symptômes reviennent très fréquemment dans les troubles anxieux.
1. L’hyperactivité mentale et les symptômes psychiques
La personne anxieuse décrit un flot continu de pensées, des scénarios catastrophiques, une anticipation excessive.
On retrouve des symptômes de stress comme la peur diffuse, la tension intérieure, la difficulté à se concentrer.
Dans les formes plus intenses, notamment après des événements traumatiques, cela peut s’accompagner de cauchemars, de ruminations ou de la répétition d’un souvenir traumatique.
2. Les manifestations physiques
L’anxiété n’est pas seulement mentale. Elle entraîne des réactions corporelles liées au stress aigu :
palpitations
oppression thoracique
troubles digestifs
tremblements
fatigue intense
Ces manifestations peuvent être vécues comme très douloureuses et conduire à consulter en médecine ou en psychiatrie avant même d’identifier un trouble anxieux.
3. L’évitement comportemental
L’évitement est central. La personne modifie son comportement pour ne pas affronter ce qui déclenche l’angoisse.
Cela peut prendre la forme d’une phobie, d’un retrait social ou d’une limitation progressive des activités.
Ce mécanisme comportemental entretient le trouble, car le cerveau n’apprend jamais que la situation n’est pas réellement dangereuse.
4. L’hypervigilance ou la dissociation
Certaines personnes restent en alerte permanente, comme si un danger pouvait survenir à tout moment.
D’autres, au contraire, développent une forme d’anesthésie émotionnelle ou de dissociation, surtout après un traumatisme psychique ou des vécus traumatiques répétés.
Dans ces cas, l’anxiété dépasse la simple nervosité et s’inscrit dans des états de stress persistants, parfois proches du trouble de stress post-traumatique.
À retenir
Les troubles anxieux sont fréquents et leur prévalence est élevée dans la population générale.
Ils ne relèvent pas d’une faiblesse de caractère ni d’une « névrose » au sens ancien du terme, mais d’un déséquilibre neuro-psychologique réel.
La guérison est possible grâce à des thérapies adaptées, notamment les TCC, l’EMDR en cas de traumas, et parfois un traitement médicamenteux comme les antidépresseurs, lorsque cela est indiqué par un professionnel.
L’anxiété devient problématique lorsqu’elle envahit la vie quotidienne et altère le fonctionnement social, professionnel ou affectif. Dans ce cas, une prise en charge précoce permet d’éviter son aggravation.
Comment soigner l'éco-anxiété ?
Comment soigner l’éco-anxiété ?
L’éco-anxiété n’est pas en soi un diagnostic psychiatrique. C’est une réaction émotionnelle à des menaces perçues comme réelles et stressantes.
Cependant, chez certaines personnes souffrant d’une grande sensibilité ou ayant déjà vécu un évènement traumatique, la symptomatologie peut devenir envahissante et proche d’un véritable trouble anxieux.
La prise en charge dépend donc de l’intensité des atteintes, de la fréquence des symptômes et de leur impact sur l’intégrité psychologique et le fonctionnement quotidien.
1. Comprendre ce qui se passe dans le cerveau
Face à un évènement perçu comme menaçant, le système nerveux s’active.
L’amygdale déclenche l’alerte, tandis que l’hippocampe, impliqué dans la mémoire et le traitement du contexte, peut être débordé.
Si la peur intense persiste, le cerveau reste en mode survie. Chez certaines personnes atteintes d’anxiété généralisée, de trouble panique ou de troubles psychiques préexistants, l’éco-anxiété peut amplifier un terrain déjà vulnérable.
Il ne s’agit pas d’un phénomène « pathologique » en soi, mais il peut le devenir lorsque l’état devient chronique et invalidant.
2. Les approches psychothérapeutiques
Le traitement repose d’abord sur des stratégies thérapeutiques adaptées :
Thérapies cognitivo-comportementales, TCC, pour travailler l’anticipation catastrophique et l’évitement comportemental
EMDR lorsque l’éco-anxiété est liée à un évènement traumatique, comme une catastrophe naturelle, des attentats, ou si la personne souffre d’un traumatisme antérieur réactivé
Thérapies centrées sur la régulation émotionnelle et le traitement du stress
Ces approches permettent de réduire la peur intense, d’apaiser les réactions mentales automatiques et de restaurer un sentiment de contrôle.
3. Le traitement médicamenteux, si nécessaire
Dans certains cas, notamment chez des patients présentant des troubles anxieux sévères ou des épisodes dépressifs, un avis psychiatrique peut être indiqué.
Un traitement médicamenteux peut être proposé temporairement :
Anxiolytiques, pour apaiser une crise aiguë
Antidépresseurs agissant sur la sérotonine, en cas d’anxiété généralisée ou d’état dépressif associé
Plus rarement, des bêtabloquants comme le propranolol pour certains symptômes physiques du stress
Le médicament ne traite pas la cause, mais il peut stabiliser le terrain afin de permettre un travail psychothérapeutique efficace.
4. Travailler la dimension comportementale
L’éco-anxiété peut entraîner :
Évitement des informations
Compulsions de vérification
Comportement compulsif militant ou, à l’inverse, retrait total
Un travail comportemental aide à retrouver un équilibre entre engagement et préservation psychologique.
5. Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter lorsque :
La peur intense est quotidienne
Le sommeil est perturbé
L’irritabilité devient majeure
Une tristesse persistante ou des symptômes dépressifs apparaissent
La personne se sent dépassée ou envahie par des pensées répétitives
Toutes les personnes atteintes d’éco-anxiété n’ont pas besoin d’un traitement médical. Mais lorsque l’impact devient significatif sur la vie personnelle, sociale ou professionnelle, une prise en charge précoce évite l’installation durable de troubles mentaux plus profonds.
À retenir
Soigner l’éco-anxiété ne signifie pas nier la réalité des crises écologiques.
Il s’agit d’aider le cerveau à ne plus vivre en état d’alerte permanente.
Avec un accompagnement adapté, les personnes souffrant d’éco-anxiété peuvent retrouver stabilité émotionnelle, discernement et capacité d’action mesurée, sans être submergées par la peur.
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Bonjour FL, Votre question est très juste, et je vous remercie de l’avoir posée avec autant de lucidité. Oui, il…