Deuil blanc

.Le « deuil blanc »
ou
le deuil d’une personne encore vivante

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Dans le cadre des soins infirmiers et médicaux la notion de deuil blanc signifie une réaction à la perte de la relation d’échange consécutive à une maladie des fonctions supérieures.

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Le deuil blanc est aussi défini comme un processus de deuil qui se déroule chez les proches alors que la personne aimée est encore vivante. C’est une succession de deuils à vivre, parfois durant des années, alors que, tout doucement, la personne atteinte de démence….

 

Si je la transpose dans le cadre de la relation de couple victime/pervers-narcissique, je propose la définition suivante:

Réaction à la perte relationnelle communicative, affective d’échanges positifs mutuels en relation avec une pathologie de l’un des partenaires du couple nommée « Perversion narcissique« , tandis que l’autre conjoint(e) est nommé(e) « Victime« ..

Dans ce cadre, la personne aimée puis détestée est physiquement présente, ce qui disparaît au sein du couple ou de la famille, ce sont toutes les formes relationnelles (verbales, affectives) avec l’impossibilité de communiquer au sein même de ce tissus relationnel.

Le deuil blanc ou le renoncement au pervers narcissiqueToute rencontre au sein du couple, peut être sur un versant quasi démentiel, c’est à dire que tout échange est sur un versant de haine, de destruction, d’agressivité mutuelles ou non.
Le couple s’inscrit dans un deuil chronique.
Deuil d’amour, de relations affectives positives.

Sur le long terme, je peux pointer une évolution chez les différents protagonistes d’un appauvrissement intellectuel, verbal, cognitif, ainsi que dans le dialogue.
Avec en profil la mort imminente de l’amour, du couple, de la famille.

Ne reste que du vide, des liens déchirés, vide ou absence remplacés par la haine chez les deux partenaires.
Tout ceci est sous tendu par de la violence, destruction, tentative de ré assurément.
Ces pulsions gèlent la séparation et le processus de deuil réel.

 

Les thèmes à ressortir du terme « Deuil Blanc » sont :

  1. Perte des inters actions amoureuses.
  2. Perte de contrôle des événements de la vie (construit au tout début de la vie sur la complicité, le respect, l’entente mutuelle) 3) Une perte de liberté psychologique remplacée par les tensions et les provocations constantes (les deux partenaires s’interdisent de faire ce dont ils ont envie).
  3. Perte du bien être par la peur du futur, du lendemain.
  4. Perte matérielle des biens acquis dans le cadre d’un divorce pour recommencer une nouvelle vie.
  5. Deuil Blanc influence les états psychologiques : Je vois naître chez la victime de l’anxiété, de la tristesse, de la violence, de la colère, un désir de destruction du PN mais aussi de la culpabilité, des tendances masochistes, dépressives …

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Ce qui arrive dans le couple, c’est un manque d’intérêt réciproque, de la jalousie, un questionnement sur le sens de la vie, une perte de sollicitude mutuelle avec un appauvrissement ou une sur valorisation de l’ acte sexuel non consentie par la victime bien souvent.

Tout ceci est souvent accompagné par la colère, la haine, la frustration mutuelles.

Autour du Deuil Blanc, chaque personne doit pouvoir se poser cette question: « Est-ce que je fais le deuil de l’être aimé(e) alors que je sais qu’il (elle) est là en face de moi ? »

Si parfois au sein du couple les rôles se renversent, pervers-narcissique/victime, cela va induire aussi une réaction de deuil, car les rôles préalablement établis sont caducs et disparaissent.
Pour chacun des protagonistes il est nécessaire et souhaitable de tout mettre à plat afin de retrouver un (e) autre partenaire.

Chez la victime, je perçois souvent un sentiment de colère, de solitude, de rejet, du désespoir une douleur morale.
Tous ces éléments sont à leur paroxysme, ce qui amène à ce paroxysme c’est la rupture des relations interpersonnelles et le changement radical de la (le) partenaire.
Ce que je relève dans la position victimaire c’est de la tristesse, de la mélancolie par les pertes d’activités communes.

Le Deuil Blanc c’est aussi cette impossible de faire revivre le  » bon  » passé et la frustration de ne pas comprendre le fonctionnement et la maladie maintenant que dans le présent la communication est coupée.
Cette position victimale engendre parfois une possible dépression.
Afin de faire face au deuil, la victime se réfugie ou se tourne vers des groupes où elle se sentira soutenue et comprise.

 

Comment une victime peut-elle faire face au Deuil Blanc ?

 

  1. Par l’humour et mettre à distance les tensions,
  2. Vivre chaque instant de manière positive,
  3. Retrouver le processus du plaisir et du désir d’être inscrit (e) dans la vie sans culpabilité

 

Quelles sont les plus grandes pertes que je peux relever ?

 

  1. Perte de sens du terme couple
  2. Perte d’amour « normal« 
  3. Perte d’aspect de soi-même (laisser aller corporel et psychique)
  4. Perte de confiance et d’estime de soi
  5. Perte des  » bons et jolis » souvenirs
  6. Perte du futur « ensemble« 
  7. Perte d’un but, d’un idéal, d’une illusion (projets communs)

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Le Deuil Blanc porte ainsi sur les relations passées, mais dans la présente victime ou Pervers continuent à s’habiter mutuellement.
Pour se dégager définitivement de ce deuil blanc, il est souhaitable d’accepter les pertes de ce qui n’existera plus jamais comme avant et se désinvestir de la relation à l’autre.

 

Ce qui alimente le deuil blanc :

  1. Perte de toute inter action sociale, affective,
  2. Perte du bien être avec le (la) partenaire,
  3. Perte de toute intimité,
  4. Sentiment de désespoir du fait de ne pas avoir été capable de reconnaître l’évolution de l’aimé(e) vers la maladie PN
  5. Frustration de ne pas pouvoir comprendre le fonctionnement de l’autre partenaire pour évoluer vers une dissolution du Deuil Blanc les victimes ont besoin de soutien, de conseil pour qu’elles comprennent leurs réactions afin de s’adapter aux pertes.

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Le groupe est là pour accompagner chaque personne à « gommer » le deuil blanc.
Si la victime ne trouve aucun soutien cela peut la désinvestir de tout lien social et la faire sombrer dans une profonde mélancolie.

Chaque sujet doit être dans l’acceptation la perte et la séparation finale sans retour en arrière avant de passer à une autre étape de reconstruction avec de nouvelles personnes.

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Conclusion:

Pour guérir du deuil blanc, le chagrin… et tous les éléments cités plus haut doivent pouvoir être élaborés, compris, assimilés, digérés, afin que chaque personne victime de Deuil retrouve son processus d’adaptation dans une vie normale et surtout heureuse.

cathelin2.

26 août 2015

Gérard-Yves Cathelin

Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

http://cathelin-psychotherapeute.com


 

 Autre article sur le sujet du deuil:
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Gérard-Yves Cathelin

Psychanalyste - Psychothérapeute et addictologue La Ferté-sous-Jouarre & Château Thierry

6 commentaires

  1. Excellent article, qui propose aussi quelques pistes pour faire face au deuil blanc : à développer, à mon avis ! Un grand oui à l’HUMOUR !!

    Je pense aussi que souvent, le deuil blanc s’applique dans le cadre familial, au sens large, c’est-à-dire lorsqu’un à plusieurs membres de la famille s’avèrent être des personnes toxiques…

    Et oui : le « pn », c’est bien une forme de maladie psychique… et finalement, on peut s’estimer heureux/se de ne pas l’être soi-même, quitte à avoir souffert à cause d’un à plusieurs « pn » !

  2. Bonjour,

    Merci pour votre site ces informations.
    J’ai enfin pu mettre un mot sur ce que je vis, c’est troublant déroutant de devoir faire le deuil de personnes vivantes mais il en va de ma liberté.

    Mon père est décédé il y a 38 ans j’avais 11.5 ans.
    Aucun adultes ne m’a dit il ne reviendra jamais….
    Entourée de femmes, ma mère est devenue abandonnique, une cousine qui aurait pu être un soutien s’est défilé, je me suis retrouvée à vivre avec ma sœur aînée….
    J’ai placé toute ma confiance en elle, la mère de substitution s’est aussi avérée défaillante.
    Accidentellement je suis tombée enceinte d’un de ses amis à 16 ans et à 19 ans seule avec cet enfant sans soutiens les services sociaux (des femmes) m’ont suggéré d’abandonné cet enfant.
    J’ai perdu ma flamme de vie et suis restée dans un environnement plus que toxique ou chaque échappée à été vaine….
    avec l’étiquette de femme et mère indigne.

    38 ans après il y a un peu plus d’un mois grâce à une association d’aide au deuil j’ai compris que j’étais orpheline et enfin avec mes yeux grands ouverts je vois la réalité de ces femmes….
    Pour l’histoire des deux côtés les deuils sont impossibles.
    Côté paternel, sa mère à perdu son premier mari au front en 14 et l’a remplacé par mon grand père et
    côté maternel ma grand mère était sœur de remplacement de son frère aîné décédé à l’âge de 8 ans elle à été conçu 3 mois après….
    Et tout cela dans le plus grand des silences à cheminé durant des années et des générations
    J’ai consacré ma vie à cela… mais je sais désormais d’où me venait cette étiquette et je ne suis coupable d’absolument rien.
    Bien à vous

  3. J’ajouterais le deuil d’une relation avec la victime.
    Mon fils encore sous emprise a choisi de couper le contact avec moi, sa mère.
    Comme j’ai vu clair assez rapidement avec sa PN, je suis devenue « la méchante », la personne à abattre.
    À un moment donné, même mon fils, « la proie », s’est rebellé contre moi.
    Pour me préserver, j’ai quitté la ville. Je n’assisterai pas à la destruction de la vie de mon fils et de ses trois enfants…
    Je n’étais plus capable d’assister à cela.

  4. Remarquez: le deuil blanc ne concerne pas seulement le couple. Ma mère est PN et je vis actuellement ce deuil. C’est dur, cela implique tout un tas de chose. J’ai déjà fondu en larmes, parce que je perds ma maman chérie, du moins celle que j’avais imaginé. C’est à la fois difficile et libérateur.

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