Agressivité

L’agressivité chez le pervers narcissique

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Une réflexion de Gérard-Yves Cathelin, psychanalyste, addictologue.

 

Tout d’ abord définissons le terme « agressivité« .
Ce mot vient du latin  » aggredi « 

« Aggredi » signifie:

1- S’approcher, aller vers, s’adresser à quelqu’un verbalement ou pour lui demander quelque chose, essayer de gagner quelqu’un à sa cause.
2- S’en prendre à quelqu’un avec inimitié, attaquer de façon planifiée et réfléchie.
3- Aborder quelque chose, prendre l’offensive, entreprendre quelque chose, commencer, examiner.

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Cette définition de l’agressivité souligne la relation entre victime et pervers narcissique, de plus le substantif « agressio » signifie offensive ou les premiers mots d’un orateur.

Quelle offensive mène le pervers narcissique ou la victime ?

Quels sont les premiers mots destructeurs qui vont amener la relation à se dégrader au prix de la destruction d’une personnalité ?

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En psychanalyse le terme agressivité signifie: Conduites réelles ou fantasmatiques qui ont pour but de nuire à autrui, de détruire, de contraindre, d’humilier.
On ne sait pas si cette agressivité est apprise ou innée.

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Pulsion d’agression du pervers narcissique envers la victime

Je me pose la question si la pulsion d’agression du pervers narcissique envers la victime ne serait pas un élément de défense au moyen d’une projection de lui-même sur la victime.

Ce que vise l’agressivité, c’est une destruction de la structure de la victime, qui se transforme pour le pervers narcissique en une force qui lui sert à se structurer lui-même, à renforcer sa propre personnalité et son Moi.

L’agressivité est reliée au principe plaisir/déplaisir des premières relations entre l’enfant et les parents.

Sur le versant favorable normal et non pervers narcissique, l’agressivité est une façon de faire les choses, une mise au service du développement de la personnalité dans le sens de la séparation et de la différenciation dans le but d’une construction et d’une identité personnelle.
Les mouvements agressifs sont maîtrisés par la pensée. Dans un cadre normal, cette agressivité peut devenir source d’œuvres créatrices (peinture, sculpture….).
Utilisées à bon escient, l’agressivité devient une valeur organisatrice dans les processus de développement de chaque personne.
L’agressivité dans un processus normal qui fait partie des pulsions vitales et se manifeste sous forme d’activité positive.

Sur le versant destructeur de type pervers narcissique, l’agressivité est là pour contrôler la personnalité du pervers narcissique mais aussi celle de la victime.

La fausse Marne à Château Thierry par Gérard-Yves Cathelin - psychanalyste et addictologueL’agressivité est un produit du Moi.

L’agressivité permet la maîtrise de la structure psychique du pervers narcissique par la destruction de sa victime.
Rappelons que le pervers narcissique n’est pas structuré psychiquement

L’agressivité a pour but de réguler la personnalité de l’agresseur afin de modifier, de contrôler, de masquer les conflits de ce dernier.
Si on pointe ce comportement de l’agresseur, cela va se traduire par une projection, pour la victime cette agressivité reçue se traduira par un renoncement, une annulation de soi et parfois une identification au pervers narcissique.

N’oublions pas le mal c’est toujours l’autre!

Ce qui nous fait peur devient facilement le mal.

L’agressivité reflète le besoin et les efforts pour surmonter ou écarter un obstacle de nature psychique, mental.

En fait les actes d’un pervers narcissique envers sa victime consistant à détruire, cachent et obturent leurs incapacités de renoncer aux liens libidinaux de la petite enfance avec leur mère.
Supprimer la victime signifie détruire la représentation maternelle défaillante.

En détruisant la victime le pervers narcissique s’imagine que la vie continue sous une forme bien meilleure et bien plus paisible.

Tuer ou détruire la victime lui permet d’échapper à des pulsions non maitrisables, des remords torturants ainsi que des troubles de son équilibre narcissique.

L’agressivité est appelée lorsqu’un obstacle se trouve sur le chemin de satisfaction du pervers narcissique dans le but de l’écarter.
Elle est la force et l’expression de l’intensité qui doit permette une satisfaction du désir du pervers narcissique.

Pour démonter cette agressivité, il faut savoir ce qui est à la base de ce comportement.

Il nous faut réfléchir pervers narcissique ou victime sur les processus agressifs qui sommeillent en nous, réfléchir à nos propres dispositions à être bourreau ou victimes.

Cela pré suppose que nous remettions en questions les structures de nos interactions entre individus, que nous réfléchissions sur nos liens antérieurs.
Contrer l’agressivité par l’agressivité ne pourra qu’augmenter l’agressivité !

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Alors comment désamorcer me direz-vous?

1) Pour désamorcer l’agressivité il ne faut pas entrer dans le même système de communication, ne pas entrer dans le jeu/Je du bourreau.
2) Il faut rechercher des satisfactions sociales ailleurs que dans cet emprisonnement.
3) Il convient de modifier le discours et les règles qui unissent la victime au pervers narcissique.
4) Il faut se séparer des symboles, des liens qui unissent la victime au pervers narcissique.
5) Il faut être prêt à apprendre de soi même pour ne pas vivre dans le futur le même relationnel avec d’autres rencontres.

La violence du pervers narcissique ou de la victime sont synonymes d’angoisse.

L’angoisse comme l’agressivité est signal de menace.
Menace de perte de sens ou de perte de la possibilité de donner du sens à sa vie.
C’est tout l’enjeu de l’angoisse dite,  » signal« , source de désorganisation ou de de liaison psychique.

Ce que je peux déceler derrière ces formes d’angoisse ce sont: des peurs, de l’anxiété, du stress, des phobies, des craintes de destruction de soi, de morcellement, de néantisation, de mort, d’abandon ou de séparation avec une incapacité d’élaborer sa détresse.

L’agressivité, et là je me répète, est un passage à l’acte pour un recours défensif face au débordement des capacités à gérer ou de contenir à l’intérieur de soi, dans ses pensées, les conflits trop importants.

 

Conclusion:

Je termine par ceci:

La pulsion destructrice étant bloquée chez le pervers narcissique, il la remplace par l’emprise sur sa victime afin de réguler son propre mal être intérieur.
Son agressivité destructrice est là pour jouir de la domination sur autrui et pour s’empêcher de réfléchir sur son propre comportement de violence.

 

Gérard-Yves CATHELINGérard-Yves Cathelin – 06.61.30.16.43
Psychanalyste, addictologue et psychothérapeute à Château Thierry (02) et La Ferté-sous-Jouarre (77)

http://cathelin-psychotherapeute.com

 

 


La reproduction intégrale de mon écrit est autorisée. Cependant, mon nom complet ainsi que le lien actif de la page du site internet http://soutien-psy-en-ligne.fr ou/et https://pervers-narcissiques.fr est obligatoire. Vous remerciant de votre compréhension ainsi que de l’intérêt porté à mon travail, Geneviève Schmit.

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Gérard-Yves Cathelin

Psychanalyste - Psychothérapeute et addictologue La Ferté-sous-Jouarre & Château Thierry

4 commentaires

  1. Psy aux TRAITS PERVERS ? !

    Je suis en quête d’une réponse chère Geneviève. Voici un résumé de mon histoire :

    après avoir SUBI mes relations amicales (dont une avec une PN – c’est un fait, je me suis extrêmement bien renseignée sur le sujet – j’avais aussi témoigné sur ce site) plus qu’en ayant été actrice j’ai décider d’aller consulter une psychanalyste/psychiatre.

    Je vais listé ci-dessous ce qui me paraît particulièrement irrespectueux dans son attitude :

    – Reprocher à un patient d’arriver « en avance » (j’étais juste à l’heure)et faire preuve d’agressivité avant de retourner dans son cabinet avec le patient précédent.

    – PRENDRE PARTI pour des personnes peu respectueuses. Personne ne devrait avoir à se sentir jugée.

    – Lancer des SOUS-ENTENDUS BLESSANTS du style : « Vous faisiez bien CE TRAVAIL?  » Comme si j’avais été médiocre dans d’autres domaines professionnels.

    – Changer d’avis d’une fois à l’autre.

    – Changer son ATTITUDE d’une fois à l’autre : un coup sympathique, l’autre coup désagréable.

    – Etre agressif lorsqu’on cherche à s’exprimer.

    – Condamner le patient au lieu de rechercher une cause. Exemple : j’ai du mal à pleurer en public, à me montrer vulnérable. Il ne faudrait donc pas que je me « plaigne » du jugement erroné « des autres » si j’ai un masque. Je ne vois pas bien le rapport mais passons.

    – Me parler en utilisant le « ON » quand je m’apprête à ressortir : aucune formule de politesse.

    – Au téléphone ni de « bonjour » ni de « au revoir ».

    – Attitude corporelle et façon de parler singée.

    – Aucun tact.

    J’ai toujours été très respectueuse envers cette thérapeute. Elle s’est excusée une fois d’avoir été désagréable. Je ne sais pas si elle se rend compte que son attitude a été pire les fois suivantes.
    Objectivement, elle ne me reproche rien, dit que j’ai toujours été sympathique.

    Cependant, pour qu’elle adopte une telle attitude à mon égard je me demandais si il était possible qu’un thérapeute ne vous apprécie pas D’EMBLEE.
    Cela me semble assez étrange, surtout pour un corps de métier qui cherche à creuser qui est l’autre en profondeur.

    Je reste malgré tout persuadée que dans ses professions se trouvent un sacré nombre de PERSONNALITES PERVERSES, véritable vivier émotionnel pour ces proies.

    Merci d’avance pour votre réponse.

    • Bonjour,
      La relation thérapeutique est un lien essentiel pour que le travail puisse se faire.
      Dans un premier temps, je vous dirais que vous ne deviez pas poursuivre avec ce thérapeute si ce lien ne vous convenait pas.
      Pour ce qui est d’aimer ou non ses patients, et bien je pense que oui, il se peut que les « atomes crochus » soient quelque peut révulsifs ….
      Un psy est « aussi » un être humain, avec ses qualités et ses défauts, avec ses attirances et ces aversions.
      Il se peut que deux personnalités ne s’accordent pas d’emblée.

      Pour ce qui est de creuse en l’autre, le psy aide le patient à creuser en lui-même …. ce n’est pas le psy qui creuse 😉

      Cordialement, Geneviève Schmit

      • Merci pour votre réponse si prompte et circonstanciée.
        C’est quand même étrange de dire à un patient qu’on peut d’emblée ne pas aimer une personne comme on aimerait pas une couleur…

        Oui, le psy AIDE le patient à creuser en LUI-MEME. Je vais lui parler très prochainement de son attitude blessante. On verra ce qu’il advient. C’est fort dommage si nos échanges s’arrêtent là car j’aime son éloquence.

  2. J’apprécie ce texte qui contribue à la compréhension de l’agressivité.
    À la fin vous suggérez qu’en plus de jouir de sa domination, le pervers cache sa violence par son agressivité.
    C’est intriguant mais pas très clair je trouve.
    Ce serait chouette de lire le développement de cette proposition.

    Sa pulsion destructrice bloquée?
    Pas mal de pervers qui avouent leurs pulsions destructrices, pas toujours à tout le monde mais quand ils ressent suffisamment de contrôle et/ou confiance.
    Ils font souvent des amalgames symboliques entre leurs actes destructeur/violent et la mort.
    Chaque insulte peut représenter un meurtre imaginaire, par exemple.

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