Deuil du parent pervers narcissique

Ce témoignage est celui d’une « maman protectrice » face à un père pervers narcissique, mais, bien évidemment, cette situation existe aussi dans le cas de « pères protecteurs » et de mères aliénantes.

Accompagner l’enfant à faire le deuil du parent toxique.

Témoignage d'une maman pleine de ressources - octobre 2022

Deuil du parent toxique

Deuil du parent toxique…

Faut-il être devant, derrière ou à côté de son enfant?

Quelle posture adopter?

Quelle responsabilité?

Le champ des possibles…

Situation familiale:

Ma fille est en garde partagée depuis l’âge de 4 ans et demi. Elle en a aujourd’hui 10. Depuis le grand départ, j’étais curieuse de voir comment allait se dérouler cette fameuse garde au fil des années.

Un père manipulateur, aux nombreuses conquêtes féminines pas même dissimulées à notre fille, un contexte de séparation que nous connaissons toutes et tous très bien… Multiples procédures en justice, fausses accusations, mensonges, intimidations et  menaces directes ou sous-entendues, violences psychologiques et parfois même physiques… Ces violences se déclenchaient immanquablement lorsqu’il n’arrivait plus à garder le contrôle sur moi. Très séducteur et manipulateur, il offrait beaucoup de cadeaux. Il ne cesse de répéter à ma fille que je suis une menteuse et une manipulatrice… Et pour soutenir tout cela, très peu de preuves bien sûr.

Alors que je devais moi-même me reconstruire avec une toute petite fille, je me suis abstenue pendant très longtemps d’agir. Je ne voulais pas révéler à la petite la réalité concernant les comportements de son père. Je ne voulais pas être accusée d’ »aliénation parentale« , ni même, de vouloir détruire l’image si précieuse de son père… J’espérais naïvement la préserver de tout ça…

Je m’interrogeais pourtant lorsqu’elle me racontait les âneries de son père, ou encore lorsqu’elle se trouvait en pleine confusion, ne sachant plus que dire ou faire…

Comment gérer cette situation?

J’étais partagée entre la certitude qu’il finirait par mettre sous emprise la petite avec les même comportements qu’il avait eu avec moi: Violences psychologiques, mensonges, abus de confiance, séduction, étalage de l’image de l’homme et du père parfait avec la terrible frustration de savoir, de voir et de me retrouver dans une situation de paroles contre paroles où ma fille ne savait plus qui croire alors même qu’elle ne cherchait qu’à connaître la vérité.

Il y a eu des épisodes compliqués où j’en suis arrivée à prouver certaines choses grâce aux écrits que j’ai précieusement gardés. Cependant, je réalisais que la petite fonctionnait comme pour le Père Noël: On a beau affirmer qu’il n’existe pas, tant que l’enfant n’est pas prêt à l’entendre, il ne l’accepte pas.

Travail de reconstruction du parent protecteur:

Et puis je devais gérer ma propre reconstruction. Il m’a fallu apprendre à renouer avec l’estime de moi-même en tant que mère et que femme, faire mon bilan personnel, accepter mes erreurs, me pardonner ma lâcheté parfois, franchir mes peurs, m’affranchir de ces personnages obscures et pervers, tout en me battant dans les diverses procédures judiciaires pour marcher résolument vers la résilience.

Je ne me sentais pas assez forte et pas assez au clair avec moi-même pour espérer « être juste » dans ce que je devais dire à ma fille.

Mais j’ai fini par comprendre que ma reconstruction était le meilleur exemple à lui offrir et que cela vaut beaucoup mieux encore que toutes les paroles. Je lui ai offert de voir une femme, sa mère, qui a courageusement cheminé à reconquérir ses émotions, ses sentiments, sa dignité, sa force et surtout qui a créé un nouvel avenir sur ce passé traumatisant.

Témoin de la souffrance de ma fille...

Et puis un jour, un nouvel épisode s’est écrit.

Ma fille avait grandi et elle a, à son tour, souffert des mensonges et des manipulations de son père. Elle a aussi subit le comportement malveillant et pathologiquement jaloux de sa nouvelle compagne.

Le hasard a voulu que, la petite et moi-même, nous nous sommes rendues compte que son père fouillait dans son téléphone tout en jurant bien sûr qu’il n’y avait jamais mis le nez et qu’il respectait son intimité.

Lorsque les yeux de l’enfant s’ouvrent enfin:

Ce « hasard« , le destin, l’inconscient collectif ou je ne sais quoi, venaient de m’ouvrir une porte géante pour rebondir! J’ai ainsi pu accompagner ma fille sur le chemin du deuil d’un père idéal qu’elle plaçait bien haut sur un piédestal, à la position où lui-même se mettait.

Un peu normal, me direz-vous pour une petite fille, mais ce deuil-là, dans une situation de parent manipulateur, ne se joue jamais avec les même règles que dans une famille lambda. Les enjeux sont bien différents. Et j’ai compris que si elle ne le faisait pas, elle risquait de perpétuer la tradition des femmes de la famille qui répétaient sans cesse le même schéma victimaire.

Sans entrer dans les détails, beaucoup de choses se sont produites sur quelques mois. Ma fille souffrait de plus en plus de ce temps passé auprès de son père et de sa compagne malveillante.

Ma position dans l’action:

Voilà comment j’ai choisi de l’accompagner, avec l’aide de psychologues qui m’aidaient dans les moments délicats.

J’avais la possibilité de demander la garde exclusive pour sortir ma fille de 7 ans alors, de cette situation sans lui demander son accord. Mais je savais également qu’elle détestait savoir qu’un juge décidait à sa place de sujets qui la concerne directement.

Accompagner l'enfant à faire le deuil du parent toxique

J’ai donc joué la carte de la loyauté, de la vérité d’autant plus que nous étions toutes les deux en phase pour affronter cette situation.

Ce combat se ferait donc ensemble, tout en restant chacune dans notre rôle, moi celui de mère, elle d’enfant.

J’ai choisi d’être à côté d’elle…Pas devant, pas derrière, à côté! J’ai avancé sur ses pas en balisant à chaque fois.

Je l’ai éveillée par des questions habiles, et j’ai bien évidemment accueilli ses plaintes, ses larmes, ses émotions et même ses confidences. Nous avons beaucoup parlé toutes les deux et je l’ai doucement amenée à fonder sa propre opinion, à faire confiance dans ce qu’elle ressentait, entendait et ce qu’elle observait malgré le fait que son père niait tout en vrac.

Nous avons avancé comme cela, au fil des semaines, pas à pas.

Deuil du père idéal:

Un autre aspect important que j’ai évoqué ci-dessus, est la notion de « deuil« , de « deuil blanc« , c’est-à-dire le deuil d’une personne encore vivante.

Pour avoir appris à vivre le deuil au décès de ma mère, et en lisant pas mal d’articles sur ce sujet, j’ai compris que 4 phases sont nécessaires afin d’espérer en guérir et reprendre le cours de sa vie.

Il y a le déni, la colère, la dépression et enfin l’acceptation.

On ne sait pas combien de temps il faut pour y arriver, car, chacun se trouve confronté à lui-même, à ses capacités émotionnelles, à sa temporalité.

Qu’il s’agisse du deuil d’une personne décédée, d’une séparation ou d’un idéal parental, pour moi, ces 4 phases sont nécessaires. Pas de précipitation donc dans les décisions à prendre.

J’ignorais bien sûr par quoi, et comment, ma fille allait pouvoir traverser cette situation difficile. Par contre, j’étais certaine d’une chose, c’est que c’était le bon moment!

Cela m’a donné confiance!

L’enfant doit faire son deuil et ouvrir ses yeux:

J’ai attendu lorsqu’elle me demandait de reprendre à ma charge sa garde, car, je voyais bien qu’elle était encore plongée dans la colère. Je lui ai fait comprendre que, même si ce n’était pas normal, ce qu’elle subissait-là n’était pas de sa faute. Elle n’était pas responsable de l’attitude de son père et du comportement de sa compagne.

J’ai heureusement pu lui prouver et la confronter à d’autres mensonges que son père faisait avec mon fils aîné et adulte déjà. Cela a permis à ma fille d’accepter que son père agissait aussi mal avec tout le monde, même avec les gens qu’il prétend aimer. J’ai tenté de lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à porter la valise de son père.

Bien sûr, elle est passée par une phase de rejet total: « Je n’ai plus de père, c’est fini!« 

Je lui ai également expliqué la réalité de la justice et ce que nous pouvions en attendre si nous étions contraintes de passer devant la juge aux affaires familiales (JAF). J’ai estimé que pour prendre une décision concrète, il lui fallait tous les éléments en main.

Le "pouvoir" de l'enfant s'installe.

J’ai le sentiment qu’elle a pu vivre toutes les étapes du deuil, à son rythme, tout en sachant que j’étais là, juste à côté d’elle, et cela même lorsqu’elle était chez son père.

Lorsqu’elle a enfin accepté la situation telle qu’elle était, elle a repris courage. Avec beaucoup de calme et de subtilité, elle a même osé mettre son père face au mur.

Elle découvrait ainsi son propre pouvoir. Elle m’a franchement épatée!

 

Je l’ai pourtant mise en garde en lui disant que si elle souhaitait s’affirmer face à son père, il était impératif que jamais elle ne se mettre en danger, ni physiquement, ni psychologiquement. C’est un conseil que m’avait donné son psy, voici quelques mois, lorsque nous étions aux prémices de ce chapitre de vie.

Un futur chaotique…

Je ne peux présager de l’avenir.

Ma fille est revenue sur sa décision, préférant, pour l’instant, rester en garde partagée.

Et même si elle me dit parfois ne pas avoir envie d’aller chez son père, certaines choses sont probablement encore à vivre avant qu’elle ne prenne une décision définitive. Il est fort probable que les pressions étaient trop fortes pour ses petites épaules et qu’il lui faut acquérir un peu plus de maturité.

Des forces acquises.

Ce dont je peux témoigner aujourd’hui, c’est qu’elle n’est plus autant plongée dans la souffrance liée à son sentiment d’impuissance. Dieu merci, elle ne retourne plus toute cette violence contre elle-même en pensant que c’est de sa faute. Elle a grandi en maturité et en confiance et nous arrivons même parfois à parler de situations toxiques avec humour. L’humour permet de prendre de la hauteur, car, c’est bien cette qualité qui permet de dépasser les difficultés.

Ma fille et moi avons établi une belle complicité qui nous vient en grande partie, je n’en doute pas, de notre gestion de cette rude période.

Les leçons d’un chemin à deux.

Je retiens de tout ce chemin parcouru ensemble, le sien, mais également le mien, que pour enrayer la dynamique familiale toxiques et les scénarios liés probablement au transgénérationnel, il faut passer par toutes ces étapes et viser impérativement l’autonomie affective et psychologique, tout en sortant de la dépendance affective.

La dernière fois que nous avons évoqué ensemble la possibilité d’un changement de garde, je lui ai dit que j’entendais tout à fait sa demande et que je la respectais. Par contre, je lui ai affirmé que si à un moment donné, je voyais que sa souffrance était trop grande ou qu’elle se trouve en danger, je prendrais seule la décision de la sortir de là, car j’estime que cela fait partie des responsabilités d’une mère.

Elle le sait et connaît mon point de vue. Je suis et resterai toujours claire avec elle.

Pour le reste, elle a toute ma confiance et j’ai la sienne.

Je suis tellement fière d’elle !

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© Geneviève Schmit, experte dans l’accompagnement des victimes de manipulateurs pervers narcissiques depuis 2012.

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Genevieve Schmit

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3 commentaires :

  1. Bravo Madame ! La connaissance que vous aviez, dès le tout début, de l’Aliénation Parentale vous a permis d’éviter un drame.
    Vous offrez à votre enfant la possibilité de faire tranquillement, à son rythme, le deuil du papa idéal et, dans le même temps, vous lui faite le cadeau d’avoir toujours un papa dans sa vie, sans haine de votre part.
    Votre fille a de la chance d’avoir une maman aussi tolérante et aimante que vous.
    Encore bravo pour votre clairvoyance et votre courage. Bonne route à vous deux.

    • Merci Chantal de bien vouloir partager vos félicitations avec cette maman ayant eu un enfant avec homme maniant la perversion narcissique que nous avons pu démasquer même s’il la faisait passer pour folle…
      Il continue malheureusement de maintenir son emprise sur la petite qu’il plonge dans la culpabilité et la double contrainte par son comportement manipulateur de haut vol.
      La petite a naturellement mis en place une contre manipulation, sans perversion cette fois, pour tenter d’échapper à son emprise et surtout, vivre un peu plus paisiblement.
      Geneviève SCHMIT

      • Contre manipulation en « mode aïkido »…
        Ma réplique favorite actuelle et qui fait mouche à tous les coups «Si tu le dis!» .. et alors, parfois, cet autre tourne les talons !

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