Comprendre le mythe du pardon pour se libérer de l’emprise

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Pardon et pervers narcissique

Pardon et emprise perverse - Comprendre le mythe du pardon pour se libérer - Geneviève Schmit

Le pardon est souvent présenté comme une étape incontournable du « mieux-être ».
Dans les relations d’emprise perverse, cette injonction peut devenir une nouvelle violence.

Pardonner n’est ni oublier, ni excuser, ni se réconcilier.

Pardonner est un acte intérieur exigeant, qui ne concerne pas l’agresseur, mais la manière dont la victime se libère du lien invisible que la souffrance entretient encore.

Comprendre le mythe du pardon pour se libérer

Dans les relations marquées par l’emprise d’un pervers narcissique, la notion de pardon est souvent mal comprise, et parfois même retournée contre la victime.
Pardonner n’est ni effacer ce qui a eu lieu, ni nier la violence, la manipulation ou la destruction psychique subie. Pardonner n’est pas dire « ce n’était pas si grave », ni « il ou elle ne savait pas ». Dans les relations toxiques, ces raccourcis sont dangereux, car ils réinstallent l’aveuglement et favorisent la répétition de la violence, sous d’autres formes parfois.

Dans ce contexte, le pardon ne concerne jamais l’agresseur.
Il concerne la souffrance que la victime conserve en elle. Souffrance parfois gardée comme preuve de ce qui a été vécu, parfois comme revendication silencieuse, parfois encore comme une manière de rester reliée à l’autre, ou d’exister à travers un statut enfin reconnu.

C’est là un point central des dynamiques PN/victime.
La colère et l’attachement sont les deux faces d’un même lien.

La colère peut être protectrice un temps. Mais lorsqu’elle devient permanente, elle cesse de protéger. Elle agit comme une colle psychique, maintenant l’autre présent à l’intérieur, même en son absence, même bien après la rupture du lien réel.

Dans la philosophie bouddhiste, la colère est considérée comme l’opposé de la patience. Non pas une patience soumise ou résignée, mais une capacité à ne plus réagir depuis la blessure. Appliquée aux relations d’emprise, cette patience correspond au moment où la victime cesse d’alimenter intérieurement le lien, de répondre mentalement aux attaques passées, d’attendre réparation ou reconnaissance. Là où la colère maintient la souffrance active et le lien psychique vivant, cette patience lucide permet la véritable séparation intérieure.

La demande d’excuses adressée à un pervers narcissique, que ce soit en face à face ou par la justice, illustre parfaitement ce piège. Il ne s’agit pas d’une réparation authentique, mais de l’espoir inconscient d’obtenir enfin une reconnaissance par l’humiliation ou la punition de l’autre, une inversion du rapport de force. Or cela n’arrive jamais. Le pervers narcissique ne répare pas, il instrumentalise. L’excuse devient alors un nouvel espace de domination.

Pardonner ne signifie donc ni se réconcilier, ni reprendre contact, ni comprendre l’autre, et encore moins minimiser ce qui s’est passé. Pardonner signifie renoncer à faire de sa souffrance un pilier identitaire. Accepter qu’elle ait existé, qu’elle ait été nécessaire pour survivre, pour ouvrir les yeux, pour se protéger et sortir de l’emprise, mais refuser qu’elle continue à organiser toute la vie psychique.

C’est souvent là que se situe la plus grande résistance.
Laisser partir la colère peut donner l’impression de trahir ce qui a été subi, comme si abandonner la souffrance revenait à la rendre inutile. Or la souffrance a rempli sa fonction. Elle a alerté, mobilisé, permis la mise en mouvement. La conserver indéfiniment devient une pollution émotionnelle, non par déni, mais parce qu’elle n’a plus de fonction protectrice.

Dans les relations PN/victime, le pardon n’est ni moral, ni spirituel, ni relationnel.
C’est un acte de séparation intérieure.
Il ne blanchit pas l’agresseur.
Il libère la victime.

Tant que la souffrance demeure un pilier identitaire, le lien toxique persiste. Pardonner, c’est reprendre sa souveraineté intérieure.

Aller plus loin, ce n’est pas oublier.
C’est cesser de vivre à partir de ce qui a détruit, et commencer à vivre à partir de ce que l’on a compris.

Pour conclure:

Dans les relations PN/victime, le pardon n’est pas une vertu morale à atteindre, ni une preuve d’évolution spirituelle. C’est un choix de lucidité.
Celui de ne plus laisser la souffrance gouverner l’identité, les pensées et les décisions.

La souffrance a rempli sa fonction lorsqu’elle a éveillé la conscience et déclenché l’action. La transformer en discernement, c’est reprendre sa souveraineté intérieure.

Aller plus loin, ce n’est pas oublier. C’est cesser de vivre à partir de ce qui a détruit, et commencer à vivre à partir de ce que l’on a compris.

« Pardonner, ce n’est pas oublier ce qui a détruit, c’est choisir de vivre à partir de ce que l’on a compris. »

Geneviève Schmit – janvier 2026

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FAQ

Un pervers narcissique ne comprend pas que « c’est fini » au sens émotionnel ou relationnel.
Il le comprend uniquement lorsque son emprise psychologique ne fonctionne plus.

Tant que la victime culpabilise, doute, se justifie, réagit à ses messages, se met en colère ou cherche à se défendre, le lien reste actif. Même négative, cette réaction nourrit la perversion narcissique. La colère, la culpabilité, la tentative de contre-manipulation ou l’espoir d’empathie maintiennent souvent la relation toxique sous une autre forme.

Le pervers narcissique comprend que c’est fini lorsque plusieurs signes sont réunis :

  • la victime ne réagit plus émotionnellement, ni par la peur, ni par la colère

  • elle ne se justifie plus, ne cherche plus à convaincre, ne tente plus de démasquer

  • elle cesse de répondre aux provocations, au harcèlement moral ou aux tentatives de culpabilisation

  • elle ne joue plus aucun rôle dans le scénario bourreau / victime / sauveur

  • son estime de soi se reconstruit et elle sort réellement de l’état de proie

C’est à ce moment-là que l’agresseur peut changer de posture : se poser en victime, inverser les rôles, accuser l’autre de manipulation, ou tenter de faire passer la véritable victime pour la personne toxique. Ces stratégies visent uniquement à maintenir son emprise ou à en créer une nouvelle.

La perversion narcissique ne repose pas sur l’empathie, mais sur le contrôle, la séduction, la confusion et le harcèlement psychologique.
Un pervers narcissique ne devient pas soudainement conscient, il renonce seulement lorsqu’il n’a plus de prise.

Être libéré de l’emprise ne signifie pas gagner un combat, mais sortir du jeu.
Ce n’est ni la colère, ni la confrontation, ni l’explication qui mettent fin à l’emprise, mais le retrait psychique, émotionnel et relationnel.

Lorsqu’une personne cesse d’être manipulée, cesse d’être sous l’emprise, et ne répond plus aux tentatives de contrôle, le lien toxique s’éteint de lui-même.
C’est là que, pour le pervers narcissique, « c’est fini ».

Dans une relation avec un pervers narcissique, le pardon n’a rien à voir avec l’excuse, l’oubli ou la réconciliation. Il ne consiste ni à minimiser les mensonges, le chantage, la manipulation affective ou mentale, ni à nier le fait d’avoir été victime d’une relation toxique.

Le pervers narcissique, homme ou femme, sait manipuler. Il culpabilise, inverse les rôles, se pose en victime, fait passer l’autre pour la personne manipulatrice ou toxique, et exerce une emprise psychologique durable. Sous son emprise, la victime doute, se justifie, cherche à comprendre, espère une empathie qui n’existe pas. Cette confusion maintient la manipulation et empêche de sortir réellement de la relation.

Dans ce contexte, pardonner ne signifie pas excuser la perversion narcissique, ni accepter la manière perverse de fonctionner de l’autre, ni rester en lien, notamment lorsqu’il s’agit d’un parent toxique. Le pardon concerne exclusivement la victime. Il marque le moment où elle cesse de porter la culpabilité, de répondre au chantage émotionnel, de se défendre contre les accusations, ou de rester prisonnière de la colère.

La colère peut être légitime et protectrice au début. Mais lorsqu’elle devient permanente, elle entretient l’emprise de la colère et maintient le lien avec l’agresseur. Le pardon, dans une relation avec un pervers narcissique, consiste à retirer son énergie psychique du lien, à ne plus être manipulé émotionnellement, et à sortir du scénario bourreau / victime dans lequel l’autre cherche sans cesse à enfermer ses victimes.

Être libéré de l’emprise ne passe pas par la confrontation, la contre-manipulation ou le fait de vouloir démasquer l’autre à tout prix, parfois même devant un psychiatre ou l’entourage. Cela passe par un retrait intérieur, une reconstruction de l’estime de soi et la capacité à ne plus réagir aux manipulations psychologiques.

La vraie signification du pardon, face à un pervers narcissique, est donc un acte de séparation intérieure.
Il ne transforme pas l’agresseur.
Il permet à la victime d’échapper à son emprise, de sortir de la relation toxique, et de cesser d’être définie par ce qu’elle a subi.

Dans une relation avec une personne narcissique ou manipulatrice, le pardon ne libère que s’il est clairement séparé de toute reprise de lien. Lorsqu’il est mal compris, il devient au contraire un nouvel outil de manipulation émotionnelle.

Le bourreau, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme manipulatrice, fonctionne par culpabilisation, chantage affectif, inversion des rôles et manipulation psychologique. Il fait souvent passer la victime pour la personne toxique, se pose en victime à son tour, et exploite la moindre faille narcissique pour maintenir son emprise. Tant que la victime cherche à expliquer, à comprendre, à pardonner l’autre dans l’espoir d’apaiser le conflit, elle reste sous contrôle émotionnel.

Dans ce contexte, le pardon n’est pas un geste adressé à l’agresseur.
Il n’implique ni contact, ni dialogue, ni justification, ni tentative de réparation mutuelle.

Le pardon aide à se libérer de l’emprise narcissique lorsqu’il consiste à :

  • cesser de culpabiliser pour ce qui a été subi

  • reconnaître pleinement avoir été victime d’une manipulation mentale ou émotionnelle

  • arrêter de répondre aux tentatives de chantage, de provocation ou de réécriture de l’histoire

  • ne plus chercher à démasquer ou convaincre une personne narcissique qui veut manipuler

  • retirer son énergie psychique du lien, même lorsque l’autre continue à se poser en victime

Autrement dit, le pardon devient libérateur lorsqu’il permet de sortir du scénario de la manipulation, et non lorsqu’il cherche à l’améliorer.

Se libérer de l’emprise ne passe ni par la contre-manipulation, ni par le fait de « mieux pardonner », ni par l’illusion qu’un comportement pervers peut évoluer grâce à l’empathie ou à la compréhension. Cela passe par un retrait intérieur, une reconstruction de l’estime de soi, et parfois un accompagnement professionnel, qu’il soit psychothérapeutique ou analytique.

Le vrai pardon, face à l’emprise narcissique, est un acte de lucidité et de protection.
Il permet de défaire l’emprise sans redevenir une proie, de sortir de la relation toxique sans se laisser manipuler à nouveau, et de ne plus être défini par la place de victime.

C’est ainsi que le pardon cesse d’être une faille exploitable…
et devient un levier de libération intérieure.

 
 

Les techniques de manipulation d’un manipulateur narcissique visent à faire douter la victime de sa propre perception jusqu’à la culpabiliser et la faire passer pour la personne manipulatrice. Pendant la manipulation, le mensonge, le chantage affectif et l’inversion des rôles sont utilisés pour maintenir l’emprise psychologique.

On tombe sous l’emprise lorsque l’on se sent constamment en faute, manipulable, obligé de se justifier, au point de ne plus savoir si l’on est victime ou manipulateur. Les personnes toxiques se posent alors en victimes, accusent l’autre de narcissisme et entretiennent la confusion.

Défaire l’emprise ne passe ni par la contre-manipulation, ni par la confrontation, ni par le fait de vouloir démasquer un grand manipulateur. Cela consiste à éviter la manipulation, cesser de se laisser culpabiliser, se retirer émotionnellement du lien et reconstruire son estime de soi.

Se libérer de l’emprise, ce n’est pas gagner contre un manipulateur narcissique.
C’est cesser d’être une proie et reprendre le contrôle de sa vie intérieure.

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Genevieve Schmit

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