Reconstruction des victimes de pervers narcissiques

5 mars 2016 Par

Reconstruction des victimes de pervers narcissiques

La reconstruction des victimes de pervers narcissiques

Interview de Geneviève Schmit par Shanon - Mars 2016

 

Avant de réfléchir à la reconstruction de la victime, il faut d’abord comprendre pourquoi on devient victime.

Quelle est la victime idéale ? Pourquoi devient-on victime ?

Pourquoi certaines personnes tombent-elles dans le piège et s’enlisent dans l’emprise perverse ?
Pourquoi d’autres tombent dans le piège mais réagissent rapidement et en ressortent indemnes ?
Et pourquoi d’autres encore n’y tombent-elles pas du tout ?

Nous observons tous les cas de figures qui vont essentiellement dépendre de la personne elle-même.

 

Quelles sont les caractéristiques de la victime du manipulateur pervers narcissique ?

La « victime idéale » est une personne qui a une confiance et une estime de soi assez instable et basse. C’est un des 2 points centraux.
L’autre point central qui fait qu’une personne pourra tomber dans l’emprise perverse est l’état de faiblesse émotionnelle transitoire dans laquelle elle se trouve plongée à ce moment-là. C’est-à-dire un deuil, une rupture, un licenciement, une galère qui fait qu’à ce moment-là, la personne qui a déjà une estime de soi faible et instable, pas toujours visible d’ailleurs, va se retrouver encore plus vulnérable et va ressentir le besoin d’avoir un « sauveur« , une épaule sur qui poser sa tête.

 

Les femmes sont-elles plus victimes de pervers narcissiques que les hommes ?

Il s’agit d’un « fonctionnement » plutôt féminin. Il y a donc plus de femmes victimes de pervers narcissiques mais il y a aussi des hommes.

Il est important de dissocier le sexe de la victime du fonctionnement de son cerveau.

On peut être une femme avec tous les attributs féminins et malgré tout avoir un cerveau dont le fonctionnement est très analytique, un cerveau droit au fonctionnement très masculin. On peut être un homme, avec tous les attributs masculins et avoir une sensibilité toute féminine de type cerveau gauche.

 

Est-ce que ce sont plus les personnes jeunes ou plus âgées qui en seront victimes ?

Je ne crois pas qu’on puisse parler d’âge. Seront victimes surtout des personnes qui ont une certaine immaturité émotionnelle. Avec un peu d’humour, on peut dire que ce sont des personnes qui évoluent encore sur la Planète des Bisounours ou qui sont capables de croire que le Père Noël va sonner à leur porte. On peut donc comprendre que même une personne âgée, qui a un certain vécu, une expérience de la vie, mais qui se retrouve seule après un deuil ou après avoir élevé ses enfants, peut se trouver en vulnérabilité et se laisser embobiner par un beau parleur.

Il n’y a donc pas vraiment d’âge pour se faire happer, et c’est bien la maturité émotionnelle qui fera la différence.

 

Savez-vous combien il y a de personnes victimes en France ?

Il serait absurde d’avancer un chiffre quel qu’il soit.

Une des raisons en est que l’on met dans la case PN tout et n’importe qui. Tous les « sales types », tous les hommes qui trompent leurs femmes ou qui mentent sur ce qu’ils sont, sont bien trop souvent mis dans la case PN sans plus de réflexion, ce qui est complètement stupide !

Pour les victimes de PN, il y a également tout et n’importe quoi. Nous sommes sujet à un effet de mode et il peut être valorisant de se déclarer « victime de PN ». Cela peut permettre à ces personnes de faire partie d’un groupe qui va pouvoir parler encore et encore du sujet, amenant leurs expériences personnelles pour établir des concepts farfelus.

On ne peut donc pas donner de chiffre.

 

Pourquoi certains thérapeutes, médecins n’osent-ils pas prononcer le nom de « pervers narcissique » ?

Le terme « pervers narcissique » n’est pas reconnu par le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie (DMS5). Cette pathologie ne bénéficie pas d’une grille qui permet de poser un diagnostic fiable, cliniquement parlant.
Comme cette pathologie n’est pas reconnue par l’Ordre des médecins, ils ne peuvent en tenir compte officiellement.
C’est pourtant une psychopathologie que l’on comprend de plus en plus. Je suis moi-même en train de travailler sur la modélisation du pervers narcissique et sur celle de la victime.

Il reste toutefois vrai qu’il faut l’avoir vécu de l’intérieur pour en comprendre toute la portée.

 

Comment la plupart des victimes vont-elles se reconstruire ?

Il y a deux axes :

Soit il s’agit d’une victime qui a repris sa liberté, et à ce moment-là on va pouvoir travailler sur les failles et sur les causes qui ont rendu cela possible ; l’estime de soin et la confiance en soi.
Soit la personne est encore sous l’influence directe du manipulateur pervers et on va devoir l’accompagner pour en sortir.

On ne peut pas apprendre à une personne à nager lorsqu’elle est en train de se noyer !

Ce n’est qu’une fois sortie du bouillon qu’on pourra renforcer son estime, ses forces, pour ensuite l’aider à découvrir pourquoi elle est tombée dans le piège de la manipulation perverse, pourquoi elle répète ce genre d’expériences, qui y a-t-il dans son passé qui lui a enseigné ce type de comportement ou ce qui lui l’a amenée à rechercher ce type de comportement. Ce travail ne peut se faire que si la personne est sortie de l’œil du cyclone et a pris quelques distances avec le pervers narcissique qui a une emprise sur elle.

Si elle n’en est pas encore sortie, il faut tout d’abord l’aider à y voir clair, à mettre des mots sur les choses, à se positionner, à bien réaliser qu’elle est dans une relation toxique qui ne pourra l’amener qu’à la mort. C’est un processus primordial à mettre en place.

Une fois que la personne a compris ce qui se passe pour elle et qu’elle est d’accord pour reprendre sa vie en main, il faut alors l’aider d’une manière semblable à ce que l’on ferait pour le sevrage d’une drogue. La victime se trouve dans un système d’addiction. Même dans le cerveau, le phénomène est similaire à celui d’une addiction à une drogue dure. Il y a l’effet de manque, le circuit de la récompense attend sa dose. Nous nous trouvons dans le même scénario que celui d’une drogue.

Cela explique pourquoi les victimes ont tant de mal à s’éloigner de leur bourreau alors même qu’elles le déterminent comme étant dangereux pour elles. Cela explique pourquoi elles ont tant de mal à s’en séparer et aussi pourquoi elles reviennent après avoir réussi à se sauver !
Beaucoup de victimes reviennent vers leur bourreau, ou n’osent pas porter plainte parce qu’elles ne veulent pas lui nuire… Tout cela vient du fait que ces victimes sont encore dépendantes affective du manipulateur pervers.

Si on ne comprend pas se parallèle avec l’addiction, on ne peut arriver à accompagner les victimes à s’en libérer.

 

S’il y avait 3 étapes pour la reconstruction, quelles seraient-elles ?

  1. Travailler ses valeurs personnelles afin de se reconstruire sur un socle stable.
    La victime doit se réapproprier ses valeurs personnelles. J’ai créé un protocole d’accompagnement précis et efficace qui me semble si important que j’ai souhaité le rendre accessible à qui le souhaite sur mon site http://soutien-psy-en-ligne.fr. Son titre est : Retrouver ses valeurs personnelles. Sortir de la honte en 5 étapes par Les valeurs personnelles
    L’objectif est donc de redéterminer, ou de déterminer les valeurs fondamentales, socle de toute bonne construction.
    .
  2. Travailler la renarcissisation, c’est-à-dire l’image de soi.
    Reprendre conscience de soi, de son corps, l’améliorer peut être, maigrir, grossir…
    Souvent les victimes ressortent de cette expérience traumatique à genoux. Il y a donc beaucoup à faire aussi bien physiquement que moralement.
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  3. Apprendre à faire confiance en son inconscient, faire confiance en sa petite voix.
    Il faut également arriver à dissocier la petite voix de celle de la peur. « Ma petite voix me dit, Geneviève, n’y va pas, ce gars-là, il a un truc pourri, il y a quelque chose qui ne va pas … N’y va pas… » Ce peut être mon inconscient qui m’alerte de la présence de choses que je n’ai pas vues, que je n’ai pas analysées mais que mon inconscient a parfaitement décryptées et qu’il me met en garde pour ne pas aller dans la gueule du loup, ou ce peut être ma peur, peur que je n’ai pas encore travaillée et qui m’empêche d’aller vers une rencontre qui pourrait être sympathique.

 

Combien de temps met une victime pour se reconstruire ?

Cela peut prendre 6 mois, 6 ans, toute la vie ou même n’arriver jamais.

Ce processus va essentiellement dépendre de la personne elle-même et de la situation dans laquelle elle se trouve plongée.
Si le manipulateur rappelle sa victime et donc réactive constamment tous les capteurs de désirs (drogue), cela peut durer très longtemps.

C’est comme pour une personne qui a arrêté de fumer. Elle est très contente de cette réussite et elle a raison. Maintenant, si son mari passe devant elle la cigarette au bec et qu’elle sent cette odeur, elle risque d’en avoir à nouveau envie. Cette situation rend donc plus difficile le sevrage. Et si en plus il dit : « Tire une taffe, cela ne te fera pas de mal, ça te détendra… », si elle touche à la cigarette, tous les capteurs à peine endormis dans le cerveau se mettent à clignoter et c’est reparti de plus belle!

En fait, il y a bien trop de paramètres pour pouvoir donner un critère temps. Je pense même qu’il serait malsain de donner un critère temps car, si une personne va mettre 6 mois et une autre 3 ans, cette dernière ne va rien comprendre à l’histoire alors même qu’il est possible qu’elle fasse un vrai travail en profondeur et qu’au bout de ces 3 ans elle sera une personne tout à fait libérée, indépendante et heureuse.

Personnellement cela fait presque 10 ans que je suis libérée de l’emprise perverse mais je reste toujours prudente. Je sais que même avec tout le travail personnel que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui, si Laurent sonne à ma porte avec une rose entre les dents, je risque d’éclater de rire, de le faire entrer et de lui offrir un café. Je sais qu’alors je serais à nouveau en très grand danger.

Le temps va donc varier d’une personne à une autre.

 

Qu’est ce qui permet le déclic qui permet à la victime d’arrêter la relation toxique avec son pervers narcissique ?

C’est très souvent l’acte en trop qui provoque cette prise de conscience de la nécessité de fuir. Le manipulateur va toujours plus loin dans son emprise, dans ses exigences. Un moment donné, au bout de 6 mois, 6 ans ou 20 ans, la victime n’accepte plus ce qui lui est demandé.

Un autre déclic peut-être une violence physique, ou une violence sur l’enfant qui réactive brutalement l’instinct maternelle qui fait dire « stop ! ».

Je pense que ce sont souvent des chocs liés au dépassement des limites qui marquent la fin de la relation d’emprise.

 

Si on n’a pas été soumis soi-même à un pervers narcissique, comment permettre une meilleure reconstruction à un proche victime ?

Ce dont a besoin la victime c’est d’une oreille empathique, une oreille qui n’est pas dans le jugement.
Il faut donc se garder de juger l’autre, et ne pas juger ses allers-retours.
Beaucoup de personnes ne comprennent pas pourquoi la victime est retournée dans les bras de son bourreau. Il est donc essentiel de ne pas être dans le jugement mais bien dans une écoute empathique.

En parallèle à cela, il convient de la distraire, de l’aider  à voir ailleurs, de l’aider à se sentir bien, de la renarcissiser, de lui faire remarquer à quel point elle est rayonnante maintenant, etc. … Valoriser l’autre avec subtilité, en trouvant le juste équilibre.

Il est donc nécessaire d’offrir une oreille empathique et ne pas laisser stagner l’autre dans le statut de victime en la dynamisant constamment.

 

Est-ce que la victime peut redevenir comme elle était avant l’emprise perverse ? Retrouvera-t-elle sa vie d’avant ou sera-t-elle traumatisée à vie ?

Tout cela va dépendre de la gravité de l’emprise, s’il y a eu des enfants, s’il y a eu viol, s’il y a eu des violences… Cela va donc dépendre de ce qui s’est passé.

Mais personnellement, je pars du principe qu’on ne redevient jamais comme avant.

Tout traumatisme, tout évènement de la vie, nous apprend quelque chose. Donc suivant ce que l’on va faire de cet apprentissage, on peut même être meilleur qu’avant, on sera mieux qu’avant !

On ne redevient jamais comme avant ! C’est une absurdité que de dire « on peut redevenir comme avant ».
Pourquoi vouloir redevenir comme avant et donc zapper toute une expérience qui, certes est traumatique, mais nous apprend tant de choses sur nous et sur notre environnement ?

 

Ces expériences transforment définitivement celles qui les ont vécues et certaines ne se relèvent pas. Comment font les victimes pour aimer à nouveau la vie ?

Pour pouvoir à nouveau aimer la vie il faut d’une part s’en être déjà sortie, d’autre part être libérée de la posture de victime afin d’être consciente de sa « responsabilité » dans la situation, donc de l’avoir modifiée, d’en avoir fait autre chose. Ensuite il convient de se repositionner dans des valeurs sympathiques et surtout de vouloir rebondir, de vouloir aller bien.

Nous nous trouvons dans de l’humain. On ne peut pas généraliser dans le domaine de l’humain.

La première chose serait quand même de sortir de la posture de victime, d’accepter qu’on est en partie responsable de cette expérience et que l’on peut en faire quelque chose de constructif, si on le désire.

A partir de là, la vie devient très précieuse.

C’est donc une question de volonté et surtout de choix.

Pour moi on a toujours un choix, aussi minime soit-il.
Même un prisonnier condamné à survivre entre 4 murs a un choix: Le choix de fixer le mur jusqu’à en devenir fou, ou celui de fermer ses yeux et d’ouvrir son regard intérieur pour aller s’apaiser sur la plage.

On a toujours un choix.

La victime de manipulateur pervers a le choix de rester dans la haine, la colère, l’esprit de vengeance, dans la violence  et même dans des comportements manipulateurs et pervers, donc dans la posture de victime, et elle a le choix également de dire : Stop ! Je ne suis pas ça, je ne deviens pas ça et je suis responsable de moi et ainsi je peux faire de nouveaux choix positifs et constructifs.

 

Que peut apprendre la victime en sortant de cette expérience traumatique? Qu’est ce qui peut la rendre meilleure ?

Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses sur l’environnement, sur le fonctionnement humain. J’ai également appris sur mes propres forces. J’ai développé des forces et des potentiels que je n’aurais jamais soupçonnés avoir dans le passé. Cela m’a donné une rigueur et une volonté que je n’avais pas encore. C’est sûrement mon instinct de survie qui a déclenché tout ce processus. C’est ensuite des potentiels que j’ai conservés et développés encore. Cela m’a beaucoup apporté en fait.
Là, je parle pour moi, je ne peux pas parler pour les autres. Pourtant toutes les personnes qui sont sorties de la « posture de victime », je ne parle pas de sortie du problème, je dis bien sortir du comportement de victime car on peut être sortie du lien pervers mais rester victime, donc, celles qui sont sorties de la posture de victime sont forcément beaucoup plus riches qu’avant. Ce qui est dommage, c’est qu’elles n’en ont pas toujours conscience.

Geneviève SCHMIT

 

 

Geneviève Schmit – Experte dans l’aide aux victimes de violence psychologique et de manipulateurs pervers narcissiques.

 

 

 

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Geneviève Schmit © Toute reproduction, même partielle est interdite sans l’accord de l’auteur

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 Facebook pour les victimes de violence psychologique et de manipulation perverse. https://www.facebook.com/Soutien.Psy - Geneviève Schmit

J’aurais grand plaisir à lire vos interventions sur le
Facebook qui vous est dédié: Soutien.Psy

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Premières réactions à la diffusion de l’article sur Facebook:

  • Agnès : C’est une grande vérité qu’il faille l’avoir vécu de l’intérieur pour en comprendre la moindre subtilité.
  • Sandrine :Un seul mot « magnifique « .
  • Julie : Merci Geneviève Schmit super article
  • Marie :J’ai vraiment aimée merci pour cet article
  • Carine :Merci pour cet article
  • Lili : très chouette et positif ….MERCI c’est toujours des cadeaux ….
  • Magali : Merci beaucoup pour votre article Geneviève. Il est juste parfait et éclaire bien sur notre reconstruction.
  • Maman : un grand merci Geneviève Schmit pour la justesse irréprochable de vos articles, j’en ai froid dans le dos… et pour tout vous dire, oui vous aviez raison , il y a peu, avec pn: « je me suis brûlé les ailes… » aujourd’hui il m’a retrahit !
  • Nathalie : Merci pour cet article !
  • Catherine : merci !  
  • Helene : c’est exactement ça sur tout les sujets abordés, moi j’en suis à la sortie du bouillon merci pour cet article tellement vrai sur tous les plans

 

 

http://bit.ly/reconstruction-victime-pn

31 Commentaires

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  1. isabelle

    Bonjour
    je m interroge sur ce que la justice fait. C’est impossible de les contredire.
    Ceux sont des rois agressifs, méchants et sachant s’adapter à toutes situations face à des juges ou médecins ou autre. Merci pour vos propos mais il n’existe aucune association aucun organisme qui écoute analyse et soutient et fait progresser dans la dénonciation de cette »maladie » incurable et sans traitement

  2. agnès

    je suis en plein dedans, je culbabilise, comment m’en sortir? j’ai peur de la vie maintenant!je n’en peux plus!

  3. CLEMENTI

    J’en suis à la phase ou j’ai enfin réussi à dire non fermement,(3 ans quand même) mais je souffre et je veux me sortir de cet état de victime… je veux arrêter de penser à ca… je me sens perdue, comme si j’avais MOI commis une faute…
    je le vis très mal, parce qu’au fond de moi je suis persuadée que lui le vit très bien…
    ce sentiment d’injustice ne me quitte plus…

  4. MG

    Bonjour, pour ma part j’ai vécu pratiquement 6 années avec un PN, je suis passée par toutes les phases : la gentillesse des débuts (période très courte), les remarques, la violence verbale puis physique, les mensonges, la tromperie, les séparations …
    J’ai cru que j’allais devenir folle !!!
    D’une nature très optimiste, entourée, souriante, j’ai peu à peu dérapé vers des moments de tristesse, de doutes, je n’étais plus du tout sure de rien, j’avais la sensation de ne plus savoir qui j’étais moi même. J’ai réussi à me détacher de lui (en me faisant une grande violence car jamais je n’avais connu ce sentiment de dépendance tellement intense qu’on le prend pour de l’amour …, nous ne vivions plus ensemble depuis pratiquement un an suite à une énième séparation : cela m’a certainement aidé à franchir le cap. Je suis de nouveau en couple depuis près d’un an et demi avec un homme super (il s’occupe de moi, de mes enfants, on fait absolument tout ensemble, on ne se prend jamais la tête et au pire, cela dure 5 mins et non 15 jours comme avec mon ex et c’est surtout sans aucune violence, je lui fais totalement confiance et lui aussi … etc …) et que j’aime POURTANT et oui, il fallait bien qu’il y ait un pourtant sinon je ne serais pas là, à lire et relire des textes sur les PN, à lire et relire des commentaires postés par des gens qui sont passés par la … JE PENSE ENCORE A LUI !!! Ça me mine à un point … j’en suis encore par moment à me dire : si j’avais été comme ci ou comme ça, si j’avais fait ci ou çà, en serions nous la ? J’en n’arrive à totalement oublié tout ce mal qu’il m’a fait et à repensé aux si rares bons moments. Je m’en veux terriblement car j’ai absolument tout pour être heureuse, au fond de moi je me demande dans quel état je serais aujourd’hui si je n’avais pas eu le courage de partir et de couper les ponts, le courage de ne pas céder à ses visites, ses courriers, ses appels … Y a t’il un moyen d’arrêter de regarder derrière ??? Pour ceux, comme moi, qui sont partis … pendant combien de temps ont-ils pensés à leur ex PN ??? Tant de questions qui me minent et m’empêchent de m’épanouir pleinement dans ma nouvelle vie.
    Merci d’avance pour vos réponses.

  5. Haddad

    Le problème des personnes qui ont subi le comportement d’un(e) PN, c’est qu’elles font subir aux personnes qui croisent leurs routes, une méfiance, un manque de confiance ;ces dernières subissent le contrecoup. Et peuvent finir par s’éloigner, car malgré leurs sincérités, on leur fait subir une véritable inquisition.

    • Sandrine

      Bonsoir,

      Mon ex est considéré comme pervers narcissique. Par différents stratagèmes de sa part j ai perdu la garde de nos deux enfants il y a 5 ans. Malgré ce changement de garde et ma destruction (JE suis en thérapie depuis 5 ans) il continue à s acharner sur moi par l intermédiaire des enfants malgré l aide éducative. Quan est ce que cela s arrête pour moi etnos enfants? Je suis désespérée. Help…

  6. Romagnoli

    Merci …je viens d’en sortir , je me sais fragile …j’ai le désir de réussir …merci pour la reconnaissance

  7. Patrice Desserre

    Bonjour Geneviève,

    Vous avez un très bon style d’écriture, avec des idées « claires et distinctes »,comme aurait dit le vieux Descartes, pour décrire la perversion narcissique.
    Mais comme vous le dites, il y a un effet de mode, et les cartes sont bouillées. Or, comme vous le soulignez, il convient de faire d’essentielles distinctions, car toutes sortes de gens pensent plus ou moins à tort voir des PN… là où il ne sont pas, et ne les voient pas là où ils sont ! Cette affaire là, c’est un peu comme l’histoire du Diable, dont on dit la plus grande ruse, c’est de laisser croire qu’il n’existe pas !
    Tels sont ces gros salopards de PN dont vous parlez !
    Je… sais de quoi je parle, car ma femme a été victime de l’un d’entre eux, et ça a duré plus de 5 ans. Ceci s’est passé de manière exclusivement virtuelle, merci Internet !
    Et c’est encore plus pathétique que tout ceci se soit produit à nos âges -la soixantaine bien sonnée !
    Ça a été un épouvantable enfer, et je n’arrive même pas à comprendre comment j’ai pu supporter tout ça, c’est-à-dire continuer à laisser faire ma femme, qui, pendant toutes ces années, a échangé des milliers de courriers électroniques avec son « gourou », parfait manipulateur qui a dépossédé ma femme de tout, c’est-à-dire, d’abord, d’elle-même.
    Ce personnage lui a totalement dévoré, vampirisé son identité, de telle sorte quelle est entré dans des décompensations psychotiques très graves, avec des bouffées délirantes paranoïaques, et tout un tremblement vraiment incroyable d’hallucinations, avec persécutions, et elle-même devenue persécutrice.
    Actuellement, son tourmenteur diabolique a relâché son emprise, mais ma femme se trouve dans un déni plus ou moins total par rapport à tout ça, bien que pouvant reconnaître du bout des lèvres s’être trompé (en accorant tout son crédit et son attention à ce sinistre individu)
    Pendant toutes ces années (c’est chose apparemment -apparemment !- close depuis un an), ce processus machiavélique a été pour moi comme une véritable boîte noire, puisque je n’ai jamais eu accès à la messagerie de ma femme…
    Seule l’assistante sociale de mon secteur a été informé par moi de cette chose là, sinon aucune autre action (j’ai pourtant bien failli avertir l’institution psychiatrique pour une mise d’office en tutelle de ma femme, qui avait carrément perdu la raison… mais m’en suis retenu in extremis…), j’ai tout pris sur mes (petites) épaules.
    En pensant, au jour d’aujourd’hui, que au final, j’ai été, et que je suis plus solide, psychologiquement, que je n’aurais pensé. Mais bon, j’ai quand même bien failli, moi aussi, basculer dans cette folie pas tellement ordinaire…
    J’en aurais long encore à dire à ce sujet, pour résumer je dirais que ces choses là, c’est vraiment épouvantable, mais notre société, qui marche carrément sur la tête, est une véritable fabrique massive de pervers narcissiques (et de déviants de cet acabit), et qu’il y en a… beaucoup, de plus en plus…
    Pour ma part, en mon « âme et conscience », je dirigerais volontiers toutes ces victimes vers la spiritualité, au sens le plus vrai et le plus noble du mot : vers la méditation, vers l’abandon de l’égo ; enfin, je ne veux pas dire qu’il faille tuer l’égo -nous en avons tous un besoin.. vital !-, mais qu’il ne soit plus le maître, mais deviennent le serviteur.
    Bon, j’aurais encore tant à dire, et ce sera peut-être pour une prochaine fois.

    Merci Geneviève

    Patrice

  8. torrollion

    C est tres juste votre analyse , cela fait trois ans que j ai quitté ce même personnage et 1 mois après, il essayait de me tuer a l arme blanche a mon travail. J ai suivi une thérapie, essayé la technique du emdr et de l hypnose pour déprogrammé le trauma et je peux dire les traumas car bien évidemment, si je suis tombée ds ses mains c est que j avais tous les codes.Et bien sur j ai suivi une formation pour etre praticienne de la relation d aide centree sur la personne, car je suis sûr que je dois faire quelque chose de cette histoire et là trois ans apres , alors que je croyais etre sortie de ces moments, je dois presicer que le procès n a pas encore eut lieu.Je me retrouve dans une immense fatigue , impossible de passer a autre chose, de mettre en place mes projets, c est le néant le plus complet…il s avère que c est la date anniversaire de l attaque dans quelques jours. ..je n ai plus d envie , je me force a me mettre debout,je ne concretise rien.J ai oublié que j ai un gros travail a faire avec mon corps car je me suis enrobée de graisse pendant des années , pour me protéger. .Ne plus ressembler a une femme car c etait dangereux.
    D ailleurs , je vous rejoint tout a fait avec ce mot PN , il est utilisé a toutes les sauces, je ne sais même plus a qui j avais a faire pn, psychopathe ?????
    Voilà, si vous avez un retour a me faire n hésité pas, ce sera une grande aide en ce moment.

  9. Estelle

    J’ai divorcé d’un P.N. en 2011. En sortant de ce mariage difficile j’étais loin de me douter que le cauchemars n’était pas terminé et que son emprise allait continuer.
    Nous avons une fille, âgée aujourd’hui de 11 ans. Nous nous étions mis d’accord son père et moi, lors de la convention de divorce que j’en aurais la garde exclusive, et qu’il aurait, de son côté, un droit de visite 1 week-end sur 2 et la moitié des vacances.
    Ma fille, a très tôt présenté un tempérament d’un genre « tyrannique » (tendance à vouloir diriger la vie à la maison et imposer ses propres règles de fonctionnement). Les retours à la maison après un séjour chez son père sont souvent compliqués (manifestation d’une animosité et agressivité à mon égard). A côté de ça, elle présente très jeune, des angoisses et peurs multiples.
    En soirée, après l’école, le temps réservé aux devoirs est long, difficile et éprouvant (difficultés pour rester attentive et concentrée). Le travail s’effectue le plus souvent dans les pleurs et les cris.
    Courant juillet 2016, nous assistons à une nette et brusque accentuation des comportements déjà énoncés plus haut. S’ajoutent aussi des troubles de la respiration, une dysphagie, des phobies alimentaires et le développement de TOCS et rituels évoluant et, de plus en plus présents dans la journée.
    L’état de ma fille nécessite 2 hospitalisations (sur la majeure partie du première trimestre scolaire).
    Le temps passe et la situation se dégrade. Ma fille voue une véritable hostilité à mon égard, à celui de mes proches (parents), de mon compagnon (qu’elle tolère difficilement dans ma vie), et de toutes les personnes qui gravitent autour de moi. Elle me fait des reproches, se montre désagréable et agressive. Cela se traduit par une opposition constante, une imperméabilité à toute forme d’autorité et discipline. Les tentatives de nous isoler de mes racines sont de plus en plus fréquentes. Nous observons également une violence régulière dans ses propos (injures, insultes, menaces, cris de rage…) et dans son attitude (bousculades, tapes…) avec des variations d’humeur fréquentes et passages rapides de moments de déprime ponctués d’idées morbides à des périodes d’euphorie et de grande excitation.
    Actuellement nous sommes au stade où elle ne veut plus me voir, me dit qu’elle n’en peut plus de moi et exprime le souhait d’aller vivre chez son père. La moindre tentative de dialogue est vaine, elle se braque dès que je commence à lui parler. A chaque retour à la maison les insultes et agressions pleuvent, la vie est insoutenable. Elle ne veut pas entendre raison.
    Je sais que mon ex-mari est responsable de l’état de notre fille pour l’avoir si longtemps vu pratiquer sur moi. Il continue à m’atteindre et à me blesser en l’instrumentalisant pour me punir de l’avoir quitté.
    Il met tout en œuvre pour que je finisse par craquer et lui laisser la garde exclusive. Je ne peux tout simplement pas m’y résoudre.
    Comment protéger ma fille de cet homme qui la détruit à petit feu alors qu’elle est dans un déni total pour le moment ?
    Elle est du côté de la mauvaise personne alors que moi, je ne veux que son bien.

  10. Caroline

    Madame Schmit,

    En quelques mots vous avez apporté à mon esprit le déclic …
    Certains merciS sont offerts avec légèreté mais le mien (MERCI) est d’une infinie reconnaissance car j’ai voulu toucher le fond et me noyer et vous m’avez rendu mon identité.
    Merci, infiniment, de votre douce voix, de vos mots, de votre expérience, de vos courages, de vos (sûrement) doutes, de votre détermination ..
    Vous êtes une belle personne, de toutes parts.
    Caroline.

    • Je suis tellement heureuse de réaliser que parfois, un mot, un déclic peut déclencher une telle force chez des personnes qui, comme vous, se trouvaient piégées dans la perversion et la manipulation de l’autre.
      Merci de le partager avec nous.
      Affectueusement, Geneviève Schmit

  11. Valkyrie

    Ne pas se retourner…c’est le plus difficile quand le pervers narcissique habite à 200m de chez vous!

  12. Emilie

    Je suis victime de pervers narcicique manipulateur femme et homme depuis mon enfance, mais je ne savais pas qu’elle nom mettre sur se genre de comportement. C’est en regargant des articles et émission télé tel que toute une histoire sur F2 que j’ai pu le faire en entendant des témoignages.C’est horrible que de tel personnes puisse existé. Je suis d’origine Camerounaise, et j’ai surtout subit se genre de comportement par des Camerounais F et H mais pas que, mais essenciellement des personnes de couleurs. Aujourd’hui je ne supporte plus la présence d’une personne de couleur.Les gens me croit raciste, mais je m’en fiche car moi seule sais ce que j’ai subit et subit encore aujoud’hui, car à cause de ce qu’ils m’ont fait subir, je suis traumatisé, pas détruite mais sur tout traumatisé.J’essaie de me reconstruire tant bien que mal, mais ce qu’ils m’ont fais me hante,tout les jours de ma vie aujoud’hui je me demande pourquoi moi qu’es-je bien pu faire à ses gens là pour qu’ils s’enprenneent à moi comme sa. C’est gens là étaient de ma famille et l’entourage de ma famille du coup en les fuillant je suis tombé sur d’autres encore et encore puis un jour, j’ai dit stop plus des gens de couleurs le pire c’est qu’ils ne voulaient pas me lacher bref ils voulaient vraiment ma mort. Aujourd’hui mon souhais est de quitter la france pour ne plus avoir à les croiser du tout, mais les portes ouverte vers l’étranger sont difficilement accessible que faire.La france est un pays qui m’a été imposer par par ma famille dû au décès de ma mère quand j’avais 7ans. Ma grand mère qui s’occupait de moi a juger bon de m’envoyé en france chez ma tante la petite soeur de ma mère.Sauf qu’elle ne savais pas qu’ elle m’envoyais en enfer sur terre. Chez une femme aigri, jalouse, dépourvu de toute humanité et sont entourage avec. Croyez moi si j’avais eu le choix jamais je ne serai venu en france. Entre me rabaisser, me battre,des atouchement sexuelle m’enpêcher de faire des études et tout se qui construit un enfant, puis un adulte par la suite j’ai été priver de sa. Quand je vois des gens sortir des livres juste histoire de se faire de l’argent, ou encore des gens qui vienne à la télé juste pour se faire voir sa me sidère. Parcequ’il y a des gens qui vivent, et ont véçu des choses terrible pour moi se sont se la qui faut voir et entendre pour que d’autre ne le vivent et ne le subisse pas. De plus sa permettrai que les gens sache et se genre de personne soit punit, et que se soit reconnu dans le corps médical et par la justice.

    • Nathalie

      Bonjour Emilie,
      Votre histoire est comme celle de tous ceux qui souffrent…c’est le dur apprentissage de la vie. Mais si on ne se pose pas les bonnes questions, on ne trouve pas les réponses. Et, ici en France ou ailleurs, les choses se reproduiront…parce que ce que l’on a à comprendre reviendra sans cesse. On ne peut pas fuir en pensant que les choses vont disparaîtrent…
      Quand on a perdu confiance dans la justice, dans les gens, il nous reste toujours une bouée quelque part…l musique, la danse, l’art, les livres…Eckhart Tolle dans « le pouvoir de l’instant présent »,  » krishnamurti une vie », Jacques Cartier dans « le dictionnaire des malaises et des maladies »…
      Se retrouver et devenir plus fort, parfois seul…en sachant que toute façon, seul, on l’est tous face à soi-même et en dépit des apparences que tous affichent. Apprendre à ne plus vivre dans l’illusion c’est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire.
      Avec beaucoup de Tendresse, Nathalie.

  13. Nathalie

    Une femme, une mère de 4 enfants
    Tout d’abord, pour tous ceux qui ose
    nt sortir de l’ombre, vous pouvez être fier de ce que vous êtes.
    Ecrivez-le, laissez-le à un endroit visible où vous serez amené à passer souvent dans votre lieu de vie.
     » Je m’accepte telle que je suis avec mes faiblesses et mes forces et je suis fière d’être ce que je suis. Je
    mérite cet amour que je me porte « …parce que personne ne vous aimera mieux que vous-mêmes.
    Dites aussi ces paroles aussi souvent que nécessaire, en les prononçant très lentement syllabes par
    syllabes, qu’elles partent du coeur et acceptez les émotions libératrices qui monteront.
    C’est ainsi que vous reprendrez en main votre vie, en agissant pour faire de vous quelqu’un
    de responsable…et cela vous protègera d’ attaques en tout genre.
    Laissez l’autre s’épuiser parce que le temps fera son oeuvre…et quand vous vous sentez touché
    dites vous que vous avez certainement à y apprendre…à être plus fort (au cas où vous ne sauriez pas !! )
    Acceptez ce moment comme si vous l’aviez choisi et vous trouverez la solution. Soyez indulgent avec
    vous-même car vous méritez le respect.
    Surtout n’oubliez jamais que chacun fait ce qu’il peut, en fonction de ce qu’il est…et qu’il n’est
    jamais aisé de sortir de sa zone de confort pour agir différemment.
    Sachez que l’autre porte en lui une grande souffrance mais que vous n’y pouvez rien, que vous
    n’aimeriez pas être à sa place enfermé dans cette souffrance MAIS vous avez le droit de la refuser
    pour sortir de l’illusion et VIVRE une autre vie, avec de l’amour véritable. Cela vous dégagera de
    la peur, la tristesse, la rancoeur, la colère, la haine, la vengeance…
    Prenez chaque sourire, tous les jours, comme un cadeau de la VIE, pour vous rappeler
    que vous êtes là, dans l’instant présent, dégagé de tout le reste.
    Aimez vos enfants, tels qu’ils sont. Soyez là pour entendre leurs interrogations et le reste avec
    courage, patience et indulgence…parce qu’eux aussi sont perturbés.
    Et si cela peut vous aider…. à chaque émotion négative qui monte, la regarder comme si vous étiez juste
    un observateur et oser se dire « je t’ai vu, mais tu ne passeras pas plus haut, sinon je vais y perdre beaucoup
    de forces, non je ne ressasserais pas »…La force de l’Instant Présent…elle s’apprend à tout âge…
    Mes enfants ont 18, 14, 10 et 5 ans et, des mots différents pour chacun pour que la Vie les emporte.
    Remerciez pour ce que vous avez reçu et ce que vous avez pu donner et, laissez le passé
    là où il est. Avancez AUJOURD’HUI et MAINTENANT…pour ce que sera DEMAIN.
    AIMEZ-VOUS, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez recevoir et les étoiles dans les yeux de vos
    enfants en seront le témoignage.
    La VIE appelle la VIE.

  14. armhonnie

    Bonjour Geneviève,
    je viens de lire cet article, j’avais découvert votre site il y a quelques semaines et jeudi, j’ai pu avoir un entretien avec vous.
    Je vous remercie énormément, pour votre écoute, vos mots, votre soutien que j’ai très fortement ressenti.
    Je suis revenue sur votre blog pour vous en remercier de cet échange, et la lecture de ce dernier article (« reconstruction… ») me conforte, me rend effectivement plus forte : comprendre et prendre toute ma responsabilité dans la relation toxique que j’entretiens avec mon compagnon.
    Nous vivons encore ensemble, remboursons un prêt immobilier mais nous savons tous deux qu’il faudra vendre, dès que nous le pourrons… l’un et l’autre, l’un ou l’autre.
    « J’attendais » encore qu’il veuille bien, qu’il me dise « quand », qu’il me dise « ce » qu’il va faire, souffrant de son silence sur ce sujet comme sur bien d’autres.
    J’ai compris que je dois prendre ma vie, mes émotions, mes plaisirs en main.
    Merci.
    Non que ce soit une totale découverte, mais j’ai aujourd’hui compris que c’est de cela qu’il faut que je sois capable, de cela que je me sente capable.
    Je dois me préparer à partir et à ce qu’il décide de vendre « avant » que je sois partie (ce que matériellement il m’est difficile de faire tant que je rembourse ma part de prêt).
    Me reconstruire va commencer par ne plus « attendre ».

  15. Déborah

    Il est si difficile de se « retrouver » là dedans et de se positionner comme « victime ».
    J’ai 27 ans et je suis en plein dedans. Je viens de quitter mon petit ami, qui d’après tout ce que j’ai pu lire est bien un P.N.
    Je sais tout au fond de moi qu’il faut que je m’en aille pour ne plus jamais revenir.
    Mais..
    Le manque est si fort, de plus en plus intense chaque jour, c’est une horreur.
    Comme vous le dite comme une droguée en manque.
    Heureusement que mon petit garçon est là, sinon il y a bien longtemps que j’aurais fait une bêtise.
    J’ai du mal, beaucoup de mal, je me fais violence. j’ai constamment cette envie de lui écrire (sms) ou de l’appeler et je sais très bien qu’il sera saisir cette opportunité!!
    Parfois, j’en arrive même à me demander si ce n’est pas moi qui suis malade.
    Je pense que j’ai un besoin réel de consulter une personne telle que vous.
    Car je veux me sortir de tout ça, de cette emprise mais je n’y arrive pas, comme si quelque chose m’attiré à lui..
    je me sens si faible face à lui..

    • Bonjour,
      Si je puis me le permettre, j’aimerais vous dire que vous aussi vous êtes malade, vous êtes droguée …
      Il faut en tenir compte dans le travail de sevrage.
      Tenez bon! Appuyez vous sur votre instinct maternel pour y arriver !
      Bon courage, Geneviève Schmit

  16. David

    Geneviève, vous mettez le doigt sur la « petite voix », elle, qui m’a sauvé.

    Dans mon cas ma petite voix m’a dit : « Pars de cette situation, si tu restes tu vas te transformer comme la télécommande de la télévision : elle appuiera sur « 1 » et tu te mettra sur « 1 », elle appuiera sur « baisse le son » et tu baisseras le son. Et quand tu auras des enfants tu seras coincé ». Avec en plus un sentiment diffus de danger, de toxicité, d’atteinte à ma santé dans le long terme. A ce moment ma petite voix a même hurlé !! Un phénomène surprenant qui m’a sauvé.

    TRES justement vous dites qu’il faut arriver à dissocier la petite de voix de celle de la peur. C’est central. Je pense que ceci explique pourquoi nous pouvons rester longtemps avec un PN car nous passons notre temps et notre énergie à faire tenter de faire de le tri : petite voix justifiée ? ou petite peur irrationnelle sans fondement mais normale ?

    Avec le recul je pense pouvoir faire la distinction maintenant :
    – la petite voix s’exprime uniquement lors d’une situation Toxique diffuse mais représentant un danger que nous identifions finalement dans le fond. (ceci n’est donc pas un sentiment superficiel, une réaction inconséquente… Cela ébranle notre être et sur une période longue)
    – la peur elle, n’est pas forcément associée à situation Toxique. Elle peut exister sans. Elle peut se déclencher alors que dans le fond nous savons que la relation saine (peur de l’avenir, peur des étapes à franchir, etc…). Dans une relation saine il est possible de faire part de ce sentiment de peur avec son partenaire pour le gérer ensemble. Avec un PN, impossible, il s’en servirait contre nous.

  17. Marie

    maman victime de sa fille probablement PN âgée de 27 ans et elle-même maman d’un enfant de 3 ans. Je gardais en dépannage mon petit-fils une à deux fois par semaine jusqu’il y a 3 mois, où elle a décidé que j’étais PN et que-entre autre- je ne l’aimais pas -elle-. Passé d’adolescente que je pensais relationnellement difficile mais qui s’avérait de plus en plus durable et se compliquait. Crises de colère et d’insultes à mon égard régulières depuis plus de 10 ans mais qui lui apparaissent normales et avec des mots durs à mon égard « une enfance comme la mienne je n’en souhaite à personne », propos souvent déformés : si je lui dis lors d’une de ses crises « ne déconne pas maintenant » elle me répond « quoi, tu m’as traitée de conne »…Son père et son frère ont essayé dernièrement et après des années où sur leur demande j’ai dû m’excuser par exemple auprès d’elle de paroles que je n’ai pas prononcées ou d’actes -style avoir cuit des légumes frais à mon petit-fils au lieu de lui donner ceux qu’elle m’avait donnés et vieux de 4-5 jours- ridicules de la raisonner mais sans succès. En fait, après des années, ses accusations à mon égard devenaient tellement « grosses » et ridicules que personne ne comprenait plus rien à ses propos délirants et que notre entourage a compris et observé que finalement ce n’était pas moi la « responsable-fautive » et qu’elle m’accusait de tout et n’importe quoi. Pourvu qu’elle pouvait me dénigrer et en fait j’ai finis par me sentir comme si j’étais sous une carpette sur laquelle elle s’essuyait les pieds dès qu’elle en ressentait l’envie. Pourtant c’est ma fille et je l’aime et que malgré une affection grave j’essayais de lui aider dans son quotidien de maman qui travaille si je pouvais lui rendre service. Si elle m’amenait mon petit fils et qu’une colère la tenaillait pour je ne sais quoi, elle pouvait la passer sur moi, partir en emmenant l’enfant alors que le petit était déjà installé dans sa chaise pour manger. Je ne sais toutes les accusations qu’elle racontait sur moi et ceci sans que je lui réponde. Rien ne pouvait prévoir ses colères à l’avance. Ces derniers temps pourtant j’ai senti –mais en pensant me tromper et mal interpréter- ses regards de haine sur moi, comme jamais je n’en avais ressentis. Au bout de quelques années toute ses attitudes et reproches formulés à mon égard ont finis par ne plus être crédibles. Prix à payer pour moi, ne plus revoir mon petit-fils auquel mon mari et moi même étions très attachés mais aussi punition car elle devait penser que mon mari allait m’en vouloir de devoir décider pour mon « salut » de ne plus revoir son petit-fils. J’ai, depuis sa dernière « crise », demandé un suivi psy (elle m’a conseillé d’aller voir un psy après crié après) et arrive à mettre des mots sur mon vécu. Après sa dernière crise (dernier contact physique avec elle) et m’avoir conseillé d’aller voir un psy vomi pleins de reproches absolument injustifiés où il faudrait avoir BAC + 20 pour comprendre leur sens , j’ai compris certaines de ses attitudes et mis des mots dessus. Elle a voulu un RV avec mon psy pour probablement me « dénoncer » mais que ce dernier lui a refusé. Je pourrais écrire un roman sur les années passées mais je pensais sincèrement qu’elle se construisait en se rebellant contre moi.
    Actuellement, elle écrit des mails enflammés à son père et se lamente sur son sort. Aucun mot me concernant sauf une seule fois où après qu’il lui ai rappelé qu’elle n’écrivait aucun mot me concernant elle a écrit à ses parents et j’ai eu droit une nouvelle fois à de nombreux reproches et dénigrements puis son père a un « mail d’amour enflammé ».
    Je la soupçonne même de vouloir notre séparation à force de nous priver du petit et de vouloir créer des désaccords entre nous. Jusqu’à présent je devais régulièrement m’excuser. Jamais elle n’a pris le moindre pourcentage de responsabilité dans nos « désaccords » : j’étais responsable à 100%. De sa vie elle n’est jamais arrivée à s’excuser.
    Elle n’est pas malade et n’a besoin d’aucune aide.
    Je ne sais si je vais m’en sortir sur la durée car ce petit que j’aime me manque et elle joue là-dessus.

    Je pourrais écrire un roman mais je voulais partager au moins ceci si jamais il existe des mamans qui sont dans ma situation. J’en conclus aussi et un peu moins positive : « trop bon, trop con »
    merci Geneviève pour vos écrits qui permettent d’avancer.

  18. Heukmes

    Merci, Madame Schmitt, pour toutes ces précisions. Je vois mon fils dans la description de victime, je vous exprime toute ma reconnaissance. Marina

  19. monier

    Bonjour, j’ai lu votre article avec attention.
    J’ai été victime il y a 16 ans, d’un PN, avec violences physiques, morales et, juridiques, ce dont vous ne parlez pas. je pense avoir fait un long chemin de reconstruction, mais des traumatismes semblent rester intacts, et des cauchemars, des petites voix indépendants de ma volonté surgissent toujours.
    Et, c’est le fait que la justice ai daigné occulter absolument toute vérité!
    Violences physiques, une fausse enquête et enquêtrice sociale a décrété que « je cherchais les coups » alors qu’aujourd’hui je souffre gravement de ces coups donnés.
    Violences morales , financières, vol de mes biens alors que j’avais 47 ans, manipulation de ma propre mère, je me suis retrouvée au chômage plusieurs fois, et sans logement aussi, hébergée ne ces 16 ans, avant de repartir à zéro…mais mes biens de 50 ans confisqués par Mr, ont été transformé par l’enquête , accusée moi-même d’un vol audacieux , j’ai été accusée d’avoir kidnapper ma fille, d’avoir disparue dans une secte, et le pire, mon fils adolescent, né d’une autre union, a été accusé de faux délits aussi, et, notre fille a eu de graves troubles psychologiques, que j’ai encore du mal à énumérer, des années après,
    alors qu’à nouveau devant un juge, mon avocat membre de l’association Enfance et Partage, citant  » l’enfant est en danger », la partie adverse forte de cette fausse enquête a déclaré  » que j’avais inventé les troubles de l’enfant, en proie au syndrome dit de Munchausen » et ça a suffit!
    J’ai plus oublié les coups, déclaré inapte au travail, je suis à la retraite, et ma fille est en dépression mon fils à 36 ans n’a pas fait sa vie.
    Nous venons de passer 16 ans à nous remettre.
    Je pense avoir assimilé les violences de cet homme, à prendre des distances maintenant MAIS je n’arrive pas à admettre qu’une femme ai pu s’interposer en rédigeant 70 pages d’un rapport juridique absolument faux.
    Qu’elle ne soit même pas inscrite dans le fichier officiel , qu’elle n’ai même pas les diplômes requis de psychologue, etc…c’est la corruption, manipulation de la justice, cette femme qui me hante toujours.
    Je n’ai pas besoin de vengeance, mais je n’admets pas qu’elle ai gâché 3 vies.
    je rêve toujours de démentis, qu’elle soit elle-même condamnée pour ce grave délit.
    en vous remerciant d’examiner ce problème atypique.

    • Malheureusement, ce problème n’est pas atypique comme vous le croyez…
      Il est vrai que votre drame donne une vision avec recul des aberrations, et même des folies de ces personnes médiocres en quêtes de petit pouvoir.
      Le pire est effectivement que les avis sont suivi par des juges qui ne prennent pas, ou qui n’ont pas le temps de faire plus….
      Un de mes amis avocats est justement entrain de préparer une procédure visant à rendre la responsabilité de choix délirant, à une justice sans jugeote.
      Vous êtes , vous et vos enfants, des survivants, et en cela vous avez droit à tout le respect du monde.
      Bon courage! Geneviève Schmit

  20. Dommage que je n’ai pas pu, il y 10 ans, lire un article aussi vrai sur les PN que personne ne reconnaissait vraiment à l’époque. J’ai quitté le domicile et puis je suis revenue croyant pouvoir faire face. Aujourd’hui je suis en instance de divorce après 52 ans de mariage. La violence physique à pris le dessus sur la violence verbale. Il est allé au bout de la saveur en prenant lors de sa dernière crise, une maîtresse. Il a 80 ans. J’ai beaucoup de difficultés à l’ôter de ma tête et de ma vie. Je vais suivre les remarques de cet article très bien fait pour en sortir.Merci

  21. Bonjour Geneviève,
    Je vous remercie pour votre merveilleux article!
    Plus d’emprise, mais des procédures coups de poing, encore et encore…
    La prochaine tout à l’heure…

    Pourriez-vous intercéder en faveur d’une écoute de la part du Professeur Nassé?
    Je m’excuse déjà de vous le demander.

    Vous souhaitant le meilleur,
    Corinne

    • Bonjour,
      Je vous remercie pour ce témoignage de reconnaissance.
      Pour Théodore Nassé, si vous l’appelez pour un rendez-vous il vous sera d’une grande aide. C’est un excellent professionnel qui en plus, a la qualité d’être très écoutant.
      Éventuellement allez y de ma part.
      Bon courage, Geneviève Schmit

  22. Josse

    Merci à vous Madame Schmit pour vos eclairages
    J’ai appris beaucoup en vous lisant
    j’ai reconnu au début de mes lectures mon propre parcours et je retrouve beaucoup de similitudes avec tout ce que j’ai traversé.
    voilà presque 4ans que je suis partie et je suis accompagnée par un psy depuis le début mais hélas ces sensations de manques me reviennent encore de façon beaucoup plus espacées qu’au départ mais quand même
    je m’en veux d’y penser encore alors qu’il m’a fait souffrir.
    Je subis également la privation de mes enfants et tout cela me fait si mal que j’ai l’impression que je ne m’en sortirais jamais.
    Pourtant entre moments difficiles et regain de vitalité j’éprouve le besoin impérieux d’écrire tout ce que j’ai vécu avec lui et de ce fait je revis ma vie et ne parviens pas à l’oublier.
    Est il normal de ressentir ce besoin d’écrire?
    A peine sortie de l’enfance je me suis mariée avec lui et je suis restée mariée durant 34 ans.
    Merci à vous pour tout Maryline

    • Merci Josse pour ce témoignage de reconnaissance.
      Oui c’est une excellent chose que d’écrire votre histoire. Cela permet de l’évacuer tout en assurant à votre inconscient que ce ne sera pas « oublié » puisque retranscrit.
      Vous pourrez probablement mieux vous en libérer.
      Bonne écriture! Geneviève Schmit